La France dos au mur

La France dos au mur

Après neuf années de présence au Sahel sans résultats probants dans la lutte anti-djihadiste, l’armée française est poussée vers la sortie.

©RFI – Manifestation contre la présence de troupes étrangères .

Après neuf années de présence au Sahel sans résultats probants dans la lutte anti-djihadiste,  l’armée française est poussée vers la sortie.

Présentes depuis neuf années sur le territoire malien sans pour autant éradiquer le terrorisme djihadiste, les troupes françaises sont de plus en plus regardées comme une armée d’occupation. L’ancienne puissance coloniale est vue comme l’instigatrice des récentes sanctions, prises par les dirigeants de la CEDEAO (Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest) qui placent le pays sous embargo. Très attentive à ce qui se passe dans ce pays frontalier, Alger avait exprimé ses inquiétudes « devant les risques graves et les épreuves que porte en elle la panoplie de mesures » prises le 9 janvier à Accra. L’Algérie regrettait également les « contre-mesures annoncées par le gouvernement de la République du Mali », craignant « un engrenage et une exacerbation de la crise ».

Un échec cuisant pour Paris

La politique néocoloniale menée par les différents gouvernements français depuis l’indépendance des anciennes colonies en Afrique, a préparé le terreau sur lequel prospèrent les islamistes d’un côté, et les dictatures militaires de l’autre. L’assassinat, dans les années 80, au Burkina-Fasso du capitaine Sankara, chantre d’une rupture avec les pratiques néocoloniales de la France et d’une véritable politique de progrès indépendante de l’ancienne puissance coloniale, montre bien que Paris n’a jamais renoncé à tirer les ficelles sur le continent africain. Aujourd’hui la France est contrainte de revoir les conditions de sa présence au Sahel, voire d’envisager son retrait du Mali à la suite de l’expulsion de son ambassadeur dans ce pays. Les pays partenaires du groupement européen de forces spéciales Takuba créé en 2020 à l’initiative de Paris, vont travailler « d’ici à la mi-février » pour « prévoir une adaptation » de leur dispositif, a annoncé le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal. Plus de 4 000 militaires français sont présents au Sahel, dont plus de la moitié au Mali. 

Roger Rio

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