
La force d’un groupe
L'USAP s'impose face au Stade Toulousain (26-21) et s'assure au minimum l'access match.

TOP14
L’USAP s’impose face au Stade Toulousain (26-21) et s’assure au minimum l’access match.
Il fallait que les joueurs soient très forts dans leur tête pour rebondir après la désillusion lyonnaise. Se refaire un moral en ne perdant pas de vue que, six jours plus tard, arrivait sur la pelouse du Moyen-Vernet, l’une des meilleures équipes d’Europe. Toulouse se pointait avec son armada d’internationaux et les Catalans se devaient de ne pas perdre un match qui les ferait sortir de la zone sombre dans laquelle ils s’étaient enlisés à l’automne dernier. Même si la fin de l’hiver et le printemps naissant avaient envoyé un brin d’optimisme sur la Cathédrale, il fallait contre ces funambules toulousains montrer que les Catalans n’avaient rien d’une équipe de Pro D2 et confirmer que leur place était bien en Top 14. Prendre les Toulousains à leur propre jeu ? Pourquoi pas finalement, mais pas que !
Un jeu intelligent
Faire beaucoup de jeu, bien sûr, mais ne pas trop en faire. Savoir conserver des ballons importants et ne pas les faire naviguer sans raison. Ne pas faire une orgie de jeu au risque de renouveler les erreurs commises le samedi précédent à Lyon. Bref, faire vivre le ballon pour assurer sa survie, faire un jeu intelligent et qui rapporte gros. C’est précisément ce qu’ont su faire les Catalans une semaine après la défaite imméritée à Lyon. L’important était surtout de se remettre la tête à l’endroit. Mais aussi savoir gérer les coups du sort des quatre jours qui précédaient la réception des Toulousains. Perdre Jerónimo de la Fuente le mardi, Mathieu Acebes le jeudi, Alistair Crossdale le vendredi et enfin Afusipa Taumoepeau le matin du match aurait pu paraître insurmontable pour un groupe ne possédant pas une véritable âme. Or l’USAP est un bloc hyper solide mentalement et sûr de ses valeurs. Reconstruire au pied levé une ligne de trois-quarts digne de ce nom face à des Toulousains rois de la relance semblait impossible pour une équipe de l’USAP à l’effectif plutôt restreint. Et pourtant ! Pouvait-on prévoir qu’une paire de centres Sawailau-Laborde, associés pour une grande première, allait être aussi efficace? Pouvait-on imaginer un Dorian Laborde, joueur de 7, aussi compétitif alors qu’il n’avait même pas joué l’équivalent de quatre cents minutes depuis le début de la saison avec l’USAP ? Cette victoire face à Toulouse il était important de l’engranger alors que les Brivistes, leurs adversaires directs pour le maintien, recevaient une équipe de Castres pas très reluisante.
Un pas de plus vers le maintien
Autant les résultats du week-end précédent avaient été démoralisants, autant ce cap de setmana a été hyper favorable aux troupes catalanes. La défaite de Brive les a expédiés direct en Pro D2, garantissant au minimum une place de treizième aux troupes de Patrick Arlettaz. Livrer un access match chez le finaliste de Pro D2 est, dès lors, devenu une réalité. Mais l’USAP peut-elle caresser l’espoir d’un maintien direct ? Peut-elle accrocher, lors de la dernière journée, la place de douzième ? Impossible n’est pas Catalan, mais cet enjeu ne dépend pas que de l’USAP. En effet les joueurs au blason peuvent aller l’emporter à Castres qui n’a plus rien à jouer si ce n’est l’honneur de ne pas baisser pavillon devant leur public. Mais doubler la Section Paloise sur la ligne d’arrivée ne peut se faire que si Montpellier l’emporte à Pau sans laisser le moindre point à ses hôtes. Difficile à imaginer sachant que les Cistes montpellierains ont un déficit de 5 JIFF à récupérer sur ce match, handicap pour Montpellier qui ne pourra pas présenter son équipe type. D’autre part, l’USAP, dont la liste des blessés chez les trois-quarts, s’allonge de jours en jours, ne devra-t-elle pas préserver certains cadres pour un access match qui se jouera six jours après la dernière journée de Top 14 ?
Autant de questions qui recoupent, peut-être, l’avis de Finette : « Un ocell a la mà val dos a la matoll ! ».
Fins aviat
Jo Solatges