
La fabuleuse saison régulière de l’USAP

Rugby. En battant leurs dauphins vannetais (30-17), les Catalans réalisent une saison inédite. Premiers partout.
Ce dernier match de la saison régulière aurait eu, en d’autres circonstances, un goût de phases finales, mais les deux équipes étaient qualifiées pour les demi-finales depuis belle lurette. Pour cette trentième et ultime journée (ouf!), Bretons et Catalans avaient surtout en tête d’éviter des blessures et de réaliser une revue d’effectifs la plus ample possible. Pour ce qui est du jeu, rendez-vous en finale le 5 juin ? Ces deux équipes le méritent mais y seront-elles? Une seule ? Aucune des deux ? Mystère des phases finales à élimination directe. En attendant le verdict, un constat est sans appel.
L’USAP a dominé la Pro D2
Dominer la saison régulière n’est plus, depuis quelques années, synonyme de montée en Top 14. En dépassant la barre mythique des 100 points, les sang et or terminent premiers avec 107 points laissant leurs poursuivants à 8 points. Une moyenne de 3,6 points par match. Étonnant, n’est-ce pas, sachant qu’une victoire rapporte 4 points et que les Catalans ont enregistré moins de bonus offensifs que les saisons précédentes ! L’USAP a donc perdu peu de matchs ? Cinq défaites et un match nul en 30 rencontres. Elle n’aura laissé au classement que 28 points à ses adversaires. Première au général, mais aussi meilleure attaque (821 points marqués avec 89 essais) et meilleure défense (504 points encaissés avec 42 essais). Des moyennes extraordinaires: 3 essais marqués par match pour 1,5 essai encaissé et un score moyen 27-17 sur la phase régulière. Ce score ferait bien l’affaire des Catalans lors de la demi-finale, mais rien n’est joué. Or, comme se plaît à le rappeler le demi de mêlée Tom Ecochard, « tout se remet à zéro en phases finales ». Autre point positif : avec 10 essais marqués, au cours de la saison, Jean-Bernard Pujol pointe à la première place des marqueurs d’essais du championnat. « JB » totalise par ailleurs 40 essais pour l’USAP lors de son histoire en Pro D2. Pas mal, même si le job d’un ailier est d’inscrire des essais.
Une victoire contre les Bretons dans la tradition
À epsilon près, les Vannetais ont encaissé à Aimé Giral un 30-17 voisin du score moyen 27-17 réservé à tous les adversaires de l’USAP. Certains esprits critiques rappelleront que les visiteurs avaient matché Grenoble trois jours auparavant. Vrai ! Qu’ils alignaient sept Espoirs dans leur équipe. Encore vrai, même si le quinze de départ comptait treize titulaires. Donc les Vannetais n’avaient pas une équipe bis à Aimé-Giral. D’autres prétexteront que certains de leurs joueurs avaient été atteints par la Covid. Encore vrai et c’est peut-être la raison pour laquelle les joueurs de l’USAP ont… moins mis la tête dans les rucks, ont moins bataillé dans les mauls. Respect des gestes barrières et distanciation sociale, ma chère dame !
Un Falgos sinon rien !
Deux semaines studieuses et régénératrices attendent donc les sang et or, avec un stage de quatre jours dans l’agréable cadre de Falgos au-dessus de Saint-Laurent de Cerdans, à l’abri de tout covidé mais pas des cervidés. Avec en point de mire « l’envie d’y être à cette demi-finale », comme le résume si bien Tom Ecochard.
Conférence de presse d’après match avec Tom Ecochard offert par la @MairiePerpignan pic.twitter.com/lVxxhQiPWU— USAP (@usap_officiel) May 14, 2021
Il faudra donc tirer un trait sur cette magnifique saison régulière, en conservant tout ce qui a été très bon et en corrigeant les erreurs récentes. Retrouver un groupe soudé et faire preuve d’humilité en oubliant qu’on a largement terminé en tête. Retrouver aussi fraîcheur et rythme. Revitaliser les derniers blessés de façon à pouvoir aligner l’équipe type.
Et ainsi, même si le ballon de rugby est ovale, l’USAP aura mis de son côté toutes les chances de terminer sa très belle saison en apothéose… en regrettant qu’elle ne puisse être encouragée par la majorité de ses supporters enthousiastes. Ce sera sûrement le seul point noir sauf si notre Premier ministre se souvient qu’il est… un peu Catalan.
Fins aviat !