La dérive autoritaire

La dérive autoritaire

© Cheep
 Algériens réunis à Paris pour protester contre le maintien du président Abdelaziz Bouteflik.

Algérie. La « main tendue » du président algérien au Hirak ne cache pas les lourdes peines.

Dès son élection, le président algérien Abdelmadjid Tebboune, a annoncé une « main tendue » au Hirak, mouvement qui a réussi à déloger Bouteflika. Mais alors que le peuple réclamait un changement de système, c’est un ex-Premier ministre de l’ancien président qui a été élu.

Profitant de la crise sanitaire et de l’interdiction des rassemblements, le pouvoir algérien tente d’étouffer toute voix dissidente. Le journaliste Khaled Drareni, symbole du combat pour la liberté de la presse en Algérie, vient d’être condamné en appel à deux ans de prison ferme.

Atteinte à la liberté d’expression

Le collectif d’avocats qui défend Khaled Drareni, qualifie son dossier de « vide ». Cet acharnement vient en complète contradiction avec la « main tendue » du président Tebboune, à toutes les volontés affichées pour un changement du système et à une réponse aux revendications du Hirak. Le mouvement de contestation réclamait notamment l’indépendance de la justice.

Plusieurs militants ont été condamnés sans raison. Ils avaient simplement dénoncé leur situation sur les réseaux sociaux. Le fait d’afficher sa colère devient un crime en soi. Cela annonce une dérive autoritaire, alors que le pays aurait dû aller progressivement vers une transition démocratique depuis le début des manifestations en février 2019.

Le gouvernement tente d’étouffer les voix de contestation, ces condamnations pourraient plutôt renforcer le doute et la détermination des manifestants et briser le peu de confiance vis-à-vis du pouvoir.

Un référendum pour répondre aux attentes

Dans quelques semaines va se tenir le référendum sur la révision de la Constitution. Ce référendum, pour répondre au Hirak, prévoit un changement radical du mode de gouvernance, la lutte contre la corruption et une justice sociale. Mais le président détiendra encore beaucoup de pouvoirs par rapport aux branches judiciaire et législative, c’est encore lui qui désignera les juges suprêmes.

La proposition de la révision de la Constitution est rédigée par un comité désigné par le président. Ce texte a été validé par l’Assemblée nationale alors que beaucoup de députés issus de l’opposition avaient démissionné et que d’autres sont visés par des enquêtes pour corruption. Le peuple algérien en tirera les conséquences.

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