La culture dans le collimateur

La culture dans le collimateur

Sans faire de bruit, Louis Aliot rogne les subventions aux structures culturelles de Perpignan.

Élu maire de la ville de Perpignan depuis 2020, le RN Louis Aliot s’est attaché à un début de mandat « soft ». Pas de grandes décisions, on se coule dans le moule du prédécesseur. Depuis peu, une évolution se dessine, le maire semble vouloir imprimer sa marque. On a vu le pitoyable épisode de la plaque à la mémoire du fondateur de l’OAS, Pierre Sergent, on a vu les relents nostalgiques de l’Algérie française…

Ce sont maintenant plusieurs décisions visant à réduire les subventions aux structures culturelles de la ville. L’Archipel scène nationale perd cette année 200.000€, la Casa musicale, 30.000, l’Institut Jean Vigo 30.000 également. Il semblerait que Visa connaisse aussi une amputation de sa subvention. Cela fait beaucoup, et il faut ajouter que, selon le budget de la structure, l’impact est plus ou moins fort. Ainsi, pour l’Institut Jean Vigo, la réduction de la subvention équivaut à une perte de ressources de 18 %. Cela aura forcément des conséquences sur ses activités. Notons que les établissements touchés par ces réductions travaillent tout au long de l’année dans la ville et dans tout le territoire.
Comparons avec la manifestation estivale, Live au campo qui propose 6 concerts à des prix allant de 32 à 60€. La subvention de la ville, qui était de 120.000€ en 2021, est passée en 2022 à 150.000€ et n’a pas bougé en 2023. Il faut savoir que la société de production de cet événement, Olympia production (qui produit aussi les Déferlantes) est affiliée au groupe Vivendi !

On peut s’étonner du peu de bruit fait autour de cette saignée dans le tissu culturel perpignanais. Il n’y a pas eu vraiment de débat au sein du conseil municipal, l’absence d’une opposition de gauche au maire RN se fait cruellement sentir.

La question est désormais de savoir comment va se traduire cette évolution inquiétante dans la politique municipale. D’autant que la récente annonce de la privatisation de crèches municipales n’est pas pour rassurer. Un contexte qui doit inciter à la vigilance.

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