La course contre l’épidémie

La course contre l’épidémie

Coronavirus. : Le passage au stade épidémique semble inexorable et appelle à des mesures d’une exceptionnelle rigueur.

L’épidémie de coronavirus est depuis une dizaine de jours au centre des toutes les discussions. C’est que, avec plus de 115 000 cas enregistrés dans plus d’une centaine de pays, plus de 4 000 morts, l’épidémie inquiète tout le monde. Le directeur de l’OMS a déclaré que la menace d’une pandémie est devenue très réelle. Et la France est, après l’Italie, un des pays européens les plus touchés. Avec près de 1 500 cas et une trentaine de morts à l’heure où cet article est écrit, notre pays est au seuil du stade épidémique ce qui devrait déclencher la mise en œuvre du « stade 3 » dans les jours qui viennent. Ce stade ne vise plus, comme le « stade 2 », à enrayer la propagation du virus, mais surtout à en atténuer les conséquences.

Est-ce exagéré de passer à des mesures d’une exceptionnelle rigueur ?

Chez de nombreux épidémiologistes, l’inquiétude est de mise dans la mesure où la pandémie, même si elle reste bien moins meurtrière que celle du SRAS en 2002-2003, l’est incomparablement plus que la grippe saisonnière. Ce qui justifie les choix qui seront opérés.

Des points noirs…

Aujourd’hui tous les secteurs de soins sont mobilisés : hôpitaux, professionnels de santé libéraux, services de soins et d’aide à domicile… Reste que des points noirs subsistent : manque de masques filtrants pour les personnels de santé, manque de médicaments, … Points qui s’ajoutent aux difficultés d’une système hospitalier exsangue, suite aux politiques d’austérité qui lui ont été imposées par les gouvernements qui se sont succédé depuis des années.

De même, le milieu scolaire restant une des clés du contrôle de l’épidémie de Covid-19, le ministère de l’éducation nationale a multiplié ses consignes : lavage très régulier des mains, tousser dans son coude, mouchoirs à usage unique. Mais comment appliquer ces consignes dans des écoles où on n’a parfois qu’un lavabo pour 100 à 200 élèves, quand l’école n’a pas de savon ou de boîtes de mouchoirs en papier, quand le système éducatif compte 900 médecins scolaires pour 12 millions d’élèves ?

Mais si l’épidémie de coronavirus provoque, de fait, un coup de frein brutal à certaines de nos activités, elle ne doit pas conduire à une réduction de la portée des engagements citoyens. La bataille pour les retraites, pour la démocratie, l’élection de dimanche n’ont pas à souffrir du Covid-19.

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