La bataille de Montesquieu

La balade du randonneur
Le P.O.T Rando’ Club(*) vous invite le dimanche 23 février à faire une balade. Durée : 4h15. Dénivelé : 650 m. Difficulté : moyen. Conditions : licence 35 euros ou assurance journalière 3 euros. Repas : grillade, apporter apéro, vin, eau, viande… Départ : 8h30 au parking de la piscine du Moulin à Vent à Perpignan.
Un peu d’histoire…
Les 30 avril et 1er mai 1794, Montesquieu fut le théâtre d’une bataille entre les troupes françaises et espagnoles dont l’heureuse issue pour nos soldats permit d’enlever le camp de l’armée espagnole et de la rejeter de l’autre côté des Pyrénées, libérant ainsi le sol national.
Après l’exécution de Louis XVI, le 21 janvier 1793, le roi d’Espagne Charles V qui, jusque-là était resté neutre vis-à-vis de la France, ne put que briser les fragiles et derniers liens qui le retenaient. Les premiers symptômes d’hostilité se manifestèrent : prohibition des écrits français, mauvais traitements à nos nationaux, assistance aux émigrés… C’est dans ces conditions que le 7 mars 1793, la Convention déclara solennellement la guerre à l’Espagne.
Au mois d’avril, débouchant par Sant-Laurent de Cerdans et le col de Portell, l’armée espagnole, commandée par le général Ricardos, dévale dans la plaine le long du Tech jusqu’à Palau del Vidre… Prats de Mollo, Fort-les-Bains, Le Boulou puis Bellegarde tombèrent.
La chute de Bellegarde ouvrait à l’invasion la grande route de France et les troupes de l’armée de Ricardos se déployèrent jusqu’à Perpignan et Peyrestortes. L’avance fut stoppée devant Perpignan par le général Dagobert à la bataille du mas Ros à la Sierra d’En Vaquer. Cette journée fut le Valmy des Pyrénées.
La première victoire se situe à Peyrestortes le 17 septembre 1793 et marque le tournant de la guerre et le début de la reconquête.
Malgré la défaite de française de Trouillas, due à une mésentente des généraux Dagobert, Goguet et d’Aoust, le général Ricardos est impressionné par la fougue et la détermination de cette armée hétéroclite. Eu égard aux moyens dont il dispose, il décide de replier le principal de son armée sur le camp Du Boulou.
La campagne de 1794
Ricardos étant décédé en mars 1794, Charles V a nommé général en chef de l’armée espagnole le comte de La Union, qui en 1793 avait déjà fait campagne dans les P.O. en qualité de Lieutenant Général.
Côté français, c’est Dugommier qui devient général en chef. Il amène avec lui 10.000 hommes qui viennent de s’illustrer en reprenant Toulon aux forces anglo-espagnoles.
Dugommier choisit de contourner les lignes espagnoles établies entre Céret, Le Boulou et Argelès, car il ne peut les attaquer de front. Son plan consiste donc à effectuer un mouvement tournant pour s’emparer de la route du Boulou au Perthus, principale voie de communication avec l’Espagne.
Le général Augereau, qui commande l’aile droite des forces françaises, fait mine d’attaquer Céret et de couper ainsi la route du col de Portell considérée à tort par le comte de La Union comme suffisante en cas de retraite. Afin de contrer l’offensive française, ce dernier dégarnit ses positions entre Montesquieu et Argelès.
Le 29 avril à 9 heures du soir, profitant de l’espace libéré par le départ des troupes espagnoles, les 3.000 chasseurs du général Martin, transportant quelques pièces d’artillerie à dos de mulet, atteignent Laroque. De là, des guides locaux, dont Martin Vinyes du Perthus, leur permettent de gagner le col de l’Ullat, le pic d’Aureille et le pic Saint Christophe, avant de descendre sur le col de Llinas où ils neutralisent un poste de surveillance espagnol.
Tandis qu’une partie des soldats gagnent le nord par les arrières des lignes espagnoles, le gros de la troupe continue la descente au sud par le mas Baixès et le mas Calcine, pour aboutir vers 5 heures du matin sur la route du Perthus à la Cluse Basse où l’artillerie est mise en position.
La chute de Montesquieu et la bataille du Boulou
L’occupation de Montesquieu par les espagnols rend précaire la position des chasseurs français postés à la Cluse Basse. L’ennemi peut, par le chemin de Montesquieu au Perthus via le mas Freixe et le mas de l’Anglade, acheminer des soldats et obliger le général Martin à se retirer.
C’est pourquoi le lendemain, au petit matin, les troupes du général Pérignon qui commande le centre de l’armée française, se lancent à l’attaque de Montesquieu où les espagnols se sont renforcés. Après de terribles combats où leur chef trouve la mort, ces derniers, pris entre deux feux, battent en retraite en abandonnant leur artillerie.
La prise de Montesquieu rend définitive l’occupation de la route d’Espagne par les français. L’armée espagnole, enserrée entre le Tech et la montagne ne peut plus battre en retraite qu’en remontant le fleuve vers Saint Jean Pla de Corts, Maureillas et col de Portell.
Le 1er mai 1794, les français déclenchent l’attaque générale contre les camps espagnols des Trompettes hautes et basses. C’est la débandade !
Abandonnant artillerie, montures et bagages, les espagnols refluent en désordre vers le col de Portell. Ils laissent sur le terrain 1.500 tués et autant de prisonniers alors que les troupes françaises ne comptent qu’une vingtaine de morts. Les pertes espagnoles ne sont cependant qu’un moindre mal, quand on sait que la brigade du général Lemoine avait pour mission de couper la retraite du comte de La Union en bloquant le col de Portell.
Faute de guide, elle s’égara entre le chemin de Trull et Riunoguès, et ne put accomplir une mission qui en cas de succès aurait pris au piège toute l’armée espagnole.
Le casot du soldat
A la fin du XIXe siècle, la France est isolée diplomatiquement en Europe. Pour se défendre, il est décidé de renforcer la frontière avec l’Espagne dans les Albères.
Cinq emplacements de batteries ont été construits au-dessus de Montesquieu pour protéger le terrain des attaques : au col de la Branca, au col de Llinas, au col de la Cortalette, au col de l’Espinasse et au col de la Table.
Chacun des emplacements comporte une plate-forme horizontale assez vaste pour mettre en place des canons et des soutes à munitions. Il est décidé également la construction d’un bâtiment pour mettre des vivres et quelques malades à l’abri : Le « casot del soldat ».
Pour se renseigner, tél à : Jean-François 04 68 56 81 03 ou 06 20 40 63 05
(*) Le Perpignan Omnisports des Travailleurs-es, association affiliée à la F.S.G.T.
Jean-François Menny