La balade du randonneur. Vingrau

La balade du randonneur. Vingrau

Le P.O.T. Rando’ Club(*) vous propose : dimanche le 29 septembre 2024 de faire une balade.

Durée : 4h. Dénivelé : 420 m. Difficulté : moyen. Conditions : licence annuelle 35 euros Repas grillade : apporter apéro, vin, eau, viande… Départ : 8h45 au parking de la piscine du Moulin à Vent à Perpignan

Un peu d’histoire…

Aujourd’hui le village de Vingrau s’appuie sur un relief du planal de l’Archatell, dans un repli de celui-ci, sur fond de falaise calcaire, la Serre, lieu d’escalade mais aussi habitat pour l’Aigle de Bonelli.

En contrebas du Pas de l’Escale, le cirque de Vingrau étale son paysage très graphique de vignes, qui devient une splendeur à l’automne.

Le cirque est bordé au Sud par des calcaires issus de récifs coralliens, très compacts, très convoités par les industriels. Les immenses carrières exploitent un marbre blanc très fin, utilisé dans l’industrie chimique.

La falaise bordant à l’Ouest la combe de Tautavel/Vingrau formée elle aussi de calcaire, est d’une autre nature, plus propice à l’érosion par l’eau : elle abrite des grottes appelées « caunes ». La plus célèbre est la Caune de l’Arago, où fut découvert le crâne d’un homme du paléolithique de 450 000 ans.

Le manque d’eau caractéristique de la combe impose la viticulture comme quasi-unique activité agricole. L’élevage du mouton qui valorisait les grands espaces et qui sont aujourd’hui des garrigues ou des boisements en cours d’extension, n’existe plus. Restent les bergeries et cortals en ruines. Dans le ravin des Couillets, une ancienne bergerie a été transformée en refuge.

Ce sont les parcelles au pied des falaises, sur les pentes formées par les éboulis et l’érosion, qui sont abandonnées les premières, laissant un couvert boisé s’installer peu à peu sur les terrasses encore très visibles. Les vergers et les céréales qui les occupaient au début du XXe siècle ont totalement disparu.

Au début du XVIIIe siècle, la volonté du roi fut de développer l’exploitation agricole des terres. Pour encourager ce projet, les propriétaires furent exonérés d’impôt foncier, avec pour seule condition que les parcelles soient défrichées et mises en culture.

Les propriétaires se mirent alors à aménager les parcelles, même les plus incultes, qu’ils laissaient auparavant aux pauvres bergers… C’est ainsi que ces derniers et leurs troupeaux furent chassés de ces terres qui ne leur appartenaient pas. Ils se révoltèrent, ici et dans toutes les Corbières. Cette révolte populaire causa de nombreux morts.

Entre le Pas de l’Escale et Vingrau, l’on suit une ancienne voie romaine qui reliait la plaine du Roussillon à Vingrau, et aurait donné son nom au village, « grau » signifiant « marche ».

Le village de Vingrau a par ailleurs conservé de nombreux vestiges, de l’époque médiévale à nos jours.

Le clocher-mur, visible depuis les collines alentour et depuis le vallon du Verdouble en venant de Tautavel, est celui de l’ancienne église de Notre Dame de l’Assomption, construite au Moyen-Age et dédiée à Sainte-Marie.

À la fin du XIXe siècle, la population du village de Vingrau atteignait le millier d’habitants. C’est ainsi qu’à cette même période une nouvelle église fut bâtie en bordure du chemin de la Millère, ainsi qu’une nouvelle mairie-école.

La construction de cette église débuta en 1889 : tour à tour, divers évènements (crise viticole, Première Guerre Mondiale) vinrent interrompre les travaux.

L’église ne fut véritablement achevée qu’après 1945 avec le soutien des paroissiens et de tout le village. Celle-ci a été dédiée à Notre Dame de Fontfroide.

À la sortie du village, vers le Pas de l’Escale l’on aperçoit la petite chapelle Notre Dame de Bon Conseil, construite en 1860. Elle abritait autrefois une Vierge à l’Enfant du XIVe ou XVe siècle, déplacée par la suite dans la nouvelle église.

Sur les traces des contrebandiers

Les falaises qui surplombent Vingrau protégeaient le village des invasions. Aujourd’hui elles offrent un terrain propice à l’escalade… Avec leurs nombreuses « caunes » on imagine aisément qu’elles furent aussi le territoire des contrebandiers. Ces derniers, soucieux d’éviter le village et les voies trop fréquentées, préféraient ces pentes escarpées pour passer leurs marchandises de Catalogne en terre de France.

L’une des « caunes » ne s’appelle-t-elle « grotte des contrebandiers » ?

À la pointe nord, le « trou de Cavall » (autrement dit du cheval) était le seul passage accessible aux chevaux, avant l’ouverture du pas de l’Escale, sur la plaine de Rivesaltes.

Pour se renseigner, tél à Jean-François : 04 68 56 81 03 / 06 20 40 63 05

(*) Le Perpignan Omnisports des Travailleurs-es, association affiliée à la F.S.G.T.

Jean-François Menny

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