
La balade du randonneur. Notre Dame de Laval

Le P.O.T Rando’ Club(*) vous invite dimanche le 28 septembre à faire une balade
Durée : 3h45. Dénivelé : 380 m. Difficulté : facile. Conditions : licence annuelle 40 euros. Repas grillade : apporter apéro, vin, eau, viande… Départ : 8h45 au parking de la piscine du Moulin à Vent à Perpignan
Un peu d’histoire

Sur le sommet d’un mamelon se dresse l’ermitage de Laval dont la flèche élégante domine la riante plaine qui entoure le bourg de Caudiès-de-Fenouillèdes. C’est dans un cadre champêtre plein de charme et de grandeur que nos aïeux fondèrent à la fin du Xe siècle l’ermitage de Laval où les populations environnantes se rendent encore en pèlerinage le 16 août, jour de l’Assomption en chantant des cantiques à la vierge en patois languedocien.
« On ne peut rien voir de plus précieux », écrit Fédié dans son histoire du comté de Razès, « que cette chapelle champêtre avec ses murs blancs et ses solides contreforts émergeant d’un bouquet d’oliviers et de cyprès et qui semble se dresser sur ses pieds pour regarder les ruines du château de Fenouillet par-dessus la crête rocheuse qui, du côté du midi, borde l’horizon ». Un calme, une religieuse solennité règnent sous l’ombre de cyprès et d’oliviers plusieurs fois séculaires.
À 1.200 m de Caudiès, sur la route de Fenouillet, au pied du coteau, on rencontre d’abord un oratoire dédié à Ste Anne dont la date de construction est 1483.
Au sud de l’édifice se dresse un portique roman qui serait le dernier vestige de l’église primitive et qui supporte dans une niche une statue de la Vierge à l’enfant. Cette vierge, ardemment invoquée dans les années de disette et de famine, a reçu le nom de Notro-Damo de douno pa (Notre Dame qui donne du pain). Les deux colonnes de grès jaune formant les piédroits de la porte romane reposent sur des chapiteaux renversés : ce sont là les restes de la construction primitive.


C’est sous ce portail qu’en 1096 est passé le pape français Urbain II, lorsque, après avoir prêché la première croisade, il vint visiter la florissante abbaye d’Alet. C’est aux pieds de cette vierge en pierre, qu’en 1264, Béatrix de Fenouillet, inclinant sa pâle figure de douleurs, traînant ses trois jeunes enfants, s’est longtemps prosternée pour implorer justice et reposer son cœur meurtri avant de quitter à jamais son château de Fenouillet d’où les hommes du nord la chassaient sans pitié.
Et c’est cette même vierge qu’en 1341, Pierre III de Fenouillet, l’exilé, le faydit (sans fief) vint supplier, mains jointes, à genoux de lui faire obtenir le succès de son ultime tentative et la restitution de son domaine confisqué par Philippe le Bel.
Ces vieilles pierres ne suintent pas seulement l’humidité, elles suintent aussi les larmes de nos ancêtres. Il y a des sanglots autour de ce portail, des aveux, des serments.
Le portique donne accès à l’enclos au centre duquel se trouve l’église. Cet enclos ombragé a servi de cimetière jusqu’en 1583, époque à laquelle on construisit dans le village de Caudiès, l’église actuelle au pied de laquelle on établit un cimetière, qui sera désaffecté en 1782. On continuait cependant à enterrer les morts à Notre Dame.
On pénètre dans l’église dont l’entrée fait face au midi. On se trouve sur une terrasse qui domine la vallée de Saint Jaume et en face de laquelle se dresse le château de Castel Fizel.


Après avoir franchi une porte en fer forgé, on accède dans une sorte de vestibule sur les côtés duquel se trouve l’appartement de l’ermite. La vieille porte de l’église date du XVe siècle et présente de belles ferrures.
Cet ermitage est un site charmant placé dans un admirable décor.
Au fond de la vallée, sur l’autre côté de la rivière, entre l’église de Laval et le château de Castel Fizel, existait autrefois une chapelle dédiée à Saint Jacques (Sant Jaume) actuellement transformée en un bâtiment rural dépendant du moulin qui se trouve à quelques mètres.
Cette chapelle qui a donné son nom à la rivière et à la vallée située sur les terres de Castel Fizel, devait servir aux quelques habitants du petit hameau de Castel Fizel, bâti au pied du château du même nom.

Cette chapelle était encore consacrée au culte en 1631 et le curé de Caudiès, archiprêtre du pays de Fenouillèdes, y fit, le 25 juillet de cette année, une cérémonie de réconciliation nécessitée par la profanation qu’elle avait subie. Elle était abandonnée dès le XVIIe siècle et, en 1792, on enleva les dernières pierres qui formaient l’arceau de la porte d’entrée.
Pour se renseigner, tél à : Jean-François 04 68 56 81 03 ou 06 20 40 63 05
(*) Le Perpignan Omnisports des Travailleurs-es, association affiliée à la F.S.G.T.
Jean-François Menny