La balade du randonneur. Latour-de-France

La balade du randonneur. Latour-de-France

Le P.O.T Rando’ Club(*) vous invite dimanche 14 janvier 2024 à faire une balade.

Durée : 3h45. Dénivelé : 380m. Difficulté : facile. Conditions : licence annuelle 35 euros. Repas grillade : apporter apéro, vin, eau, viande… Départ : 8 h 45 au parking de la piscine du Moulin à Vent à Perpignan.

Un peu d’histoire…

Latour-de-France

C’est une erreur de transcription scripturale qui est à l’origine du non-sens faisant de La Tour-de-France un administratif Latour-de-France alors que l’on sait que le village tient son nom de sa tour médiévale.

Vers l’an 873, le pays de Fenouillèdes ou « pagus Fenolientensis » ne forme qu’une viguerie, séparée du comté de Rasès mais ne constituant qu’un seul domaine avec lui. Ce comté de Rasès était possédé en commun par Wilfred le Velu, comte de Barcelone, Miron, comte de Roussillon, son frère, et par les deux frères Oliba I et Acfred I, comtes de Carcassonne. Comme on sait que les comtes de Barcelone et ceux de Carcassonne sont de la même famille, on a pu en déduire que, à la suite d’un partage familial, le territoire fut scindé en deux, créant d’un côté le pays de Rasès et de l’autre le comté de Fenouillèdes.

Vers 930, le comté appartient à Seniofred, comte de Barcelone qui, par testament, le cède à son frère Oliba- Cabreta, également comte de Cerdagne.

En 990, c’est Bernard Taillefer, comte de Besalu, qui hérite de son père Oliba le comté de Fenouillèdes.

C’est donc vers 900 qu’une modeste bourgade regroupe ses maisons sur un promontoire schisteux dominant le cours de l’Agly. Très vite, de par sa position stratégique, le village est doté d’une puissante tour, la Tour de Triniac, qui donne son nom au village, puis d’un château et de fortifications.

Quant aux vicomtes de Fenouillèdes, on recense leur présence dès le XIe siècle. Le 25 mars de l’an 1000, Pierre Fenouillet est présent lorsque l’acte d’union de l’abbaye de St Paul à celle de St Michel de Cuxa est signé. Ils s’illustrèrent singulièrement lors de l’épopée cathare, prenant parti pour les hérétiques contre le roi de France et leur engagement leur valut d’être dépouillés de leurs fiefs. Donc, pendant plusieurs décennies La Tour fut un lieu du catharisme avant de tomber dans l’escarcelle de la famille du Vivier.

La Tour, porte de France

En juillet 1258, le roi de France Saint-Louis et Jacques 1er d’Aragon signent le traité de Corbeil par lequel le Roussillon, la Cerdagne et le Conflent restent sous la couronne d’Aragon tandis que le Fenouillèdes passe en France. La Tour-de-Triniach devient ville frontière.

En 1342, le roi Philippe VI de Valois donne la localité de La Tour au chevalier Guillaume du Vivier et l’acte notarié qui en découle nous renseigne sur l’activité économique du village. On cultive du froment, du blé, de l’orge, des vesces et des lentilles, la vigne, l’olivier et l’on y pratique un peu de jardinage. On élève des poules, des moutons, des bœufs et on y fait du miel. La localité est dotée d’un moulin à huile, d’un moulin à farine, d’un moulin drapier et d’une forge de fer qui ne fonctionne plus.

On y trouve également un abattoir. Le village est doté d’une structure lui permettant de se suffire à lui-même et cette situation va perdurer jusqu’à l’avènement de l’ère industrielle.

En 1423, La Tour-de-Triniach devient La Tour-de-Fenouillèdes. Situé en première ligne des combats, en 1462, le village est pillé, saccagé par les troupes catalano-aragonaises en lutte contre l’armée de Louis XI. Le château est démantelé et plusieurs habitants sont tués. Trente ans plus tard, par le traité de Barcelone, La Tour redevient ville frontière et fortifiée en conséquence.

C’est en 1596 que Bertrand de Guillard se rend acquéreur de la seigneurie de La Tour et en 1790 la famille d’Arnaud connaîtra l’abolition des droits féodaux et la liquidation de la seigneurie. D’autres familles illustres s’étaient succédées auparavant, tels les de Voysins, de Joyeuse, de Montesquieu.

C’est en 1750 que la Tour-de-Fenouillèdes devient définitivement La Tour-de-France.

Mais il y eut aussi la guerre d’Espagne de 1635 à 1659 : « En l’an 1640, le lieu acheva de se perdre entièrement par le pillage et le brûlement, à la réserve de l’église qui fut sauvegardée par l’armée espagnole, ce qui fut cause que le lieu demeura quasi désert pendant quelques années. » (François de Montesquieu, seigneur de La Tour). Une épidémie de peste vient parachever la désolation et la misère du pays.

Le traité des Pyrénées de 1659 établit que les Pyrénées doivent devenir la frontière naturelle entre les royaumes de France et d’Espagne. La Tour cesse d’être une ville frontière.

Progrès et expansion

Un peu avant la Révolution, une galerie souterraine est creusée sous le Serradet, laissant passer le canal prenant l’eau de l’Agly à La Pachère. Un grand abreuvoir à chevaux ainsi qu’un lavoir sont créés à la sortie du tunnel et cette eau viendra irriguer une grande partie de la plaine après la chute alimentant le Moulin, route de Montner, transformé plus tard en usine électrique puis en usine de concassage de feldspath.

Vers le milieu du XIXe siècle, on signale un important commerce de vin à La Tour en échange de blé provenant de l’Aude, de l’Ariège et de la Haute-Garonne. L’élevage du ver à soie connaît aussi une extension considérable et Pasteur viendra lui-même à La Tour en 1867 pour étudier une maladie qui détruit le cocon.

Les exploitations de minerai de fer dont les gisements existent dans le massif de la Tourèze donnent du travail à de nombreux journaliers. Malgré l’épidémie de phylloxéra qui viendra ruiner le pays pendant près de quinze années, à partir de 1880, le village comptera pourtant 1375 habitants en 1891, le record de tous les temps.

En 1909, sous l’administration Pagnon, il est mis fin à mille ans de servitudes concernant l’eau domestique. Une puissante éolienne installée au pied de l’Agly fournit quotidiennement 120 000 litres d’eau distribuée par 13 bornes fontaines réparties dans le village. L’usine électrique du Moulin pourvoit à la modeste consommation du village.

Pour se renseigner, tél à Jean-François : 04 68 56 81 03 / 06 20 40 63 05

(*) Le Perpignan Omnisports des Travailleurs-es, association affiliée à la F.S.G.T.

Jean-François Menny

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