La balade du randonneur. Ansignan

La balade du randonneur. Ansignan

Le P.O.T Rando’ Club(*) vous invite dimanche le 28 janvier 2024 à faire une balade.

Durée : 3h50. Dénivelé : 350m. Difficulté : facile. Conditions : licence annuelle 35 euros. Repas grillade : apporter apéro, vin, eau, viande… Départ : 8h30 au parking de la piscine du Moulin à Vent à Perpignan.

Un peu d’histoire…

Ansignan et ses légendes

Si la légende est une facette majeure de la mémoire collective, son sens originel est souvent difficile à saisir. Une certitude cependant : le seul fait qu’elle se soit maintenue à travers les siècles, sans support écrit, par la seule intervention de la bouche à oreille, prouve son intérêt.

Les collectivités humaines ont ainsi préservé un savoir qu’elles nous transmettent aujourd’hui. Saurons-nous appréhender le sens du message qu’elles véhiculent depuis la nuit des temps ?

Les anciens du village d’Ansignan, au cœur des Fenouillèdes nous ont transmis cette légende étonnante évoquant la construction du fameux aqueduc, la reine Sémiramis et les jardins suspendus de Babylone…

Le pont aqueduc d’Ansignan est une curiosité architecturale qui a fait couler beaucoup d’encre, sans qu’on puisse déterminer avec précision ce qui justifia la construction en ce lieu d’un ouvrage de 170 mètres de long…

Une analyse du laboratoire d’archéométrie de l’université de Rennes permet de dater les briques qui entrent dans la construction des arches du milieu du 3ème siècle de notre ère.

Jean-Jacques Soulet, chercheur indépendant, s’étonne cependant des dimensions de ces briques, qui semblent indiquer un atelier de fabrication gaulois.

Mais intéressons-nous à la légende qui accompagne ce monument et sa construction. Ses plans auraient été ramenés de Babylone lors d’une croisade, vers l’an 990, et copiés sur un ouvrage qui alimentait les jardins de la reine Sémiramis…

Il y a là d’évidentes contradictions, portant sans doute la marque d’un clerc lettré procédant à l’actualisation d’une légende mal comprise. On ne trouve trace de croisade en terre sainte avant le siècle suivant, et Babylone, détruite depuis des lustres, est bien loin de la route de Jérusalem…

Remarquons malgré tout le lien avec le Proche-Orient et la Mésopotamie d’où nous viennent un grand nombre d’éléments civilisateurs, comme l’extraction des métaux que les Phéniciens apportent chez nous.

Mais que représente, dans l’imaginaire du peuple de nos vallées, le nom mythique de Babylone ? N’est-il pas lié au discours du diable, pour qui cette cité est la « mère des prostituées et des abominations de la terre » (apocalypse 17.5). Les Pères de l’église ne ruminent-ils pas à longueur d’épîtres, leurs rancœurs contre son luxe et ses idoles ?

Pour les clercs du Moyen Age Babylone, détruite depuis longtemps, reste malgré tout l’antithèse de la Jérusalem céleste, le lieu de perdition où triomphent les idoles du paganisme.

Or, on sait qu’avec les marchandises, les Phéniciens véhiculent aussi leurs croyances, leur religion centrée sur une déesse lunaire de la fécondité nommée Ishtar, à qui est vouée une prostitution sacrée et, chez nous s’assimile sans mal à la grande déesse, comme elle s’assimilera plus tard à la grecque Aphrodite et à la latine Vénus…

Un dolmen, des hommes, la préhistoire récente

Dolmen Las Apostados lieu-dit Camp del Prat Commune de Trilla

Le nom de ce dolmen viendrait du catalan apostados, c’est-à-dire construit avec des pierres mises les unes sur les autres.

Ce monument, aujourd’hui assez dégradé, a néanmoins conservé une partie de sa dalle de chevet en gneiss et son prolongement par un muret d’époque historique.

L’ouverture actuelle, orientée plein est, était probablement prolongée par un couloir. Les blocs visibles à l’ouest pourraient, eux, appartenir au tumulus.

Les hommes qui ont édifié les dolmens vivaient dans des villages aux maisons construites sur des fondations en pierre avec des élévations en terre mêlée à des végétaux (torchis). C’étaient des paysans qui pratiquaient l’élevage (principalement caprins, ovins et bovins) et l’agriculture (surtout céréales et légumineuses). Mais la chasse et la cueillette tenaient aussi une grande place dans leur alimentation.

Il est très difficile de dater ces constructions en pierre sèche en l’absence d’éléments matériels caractéristiques d’une période (armature de flèche en silex ou tesson de céramique).

Les dolmens dans notre département ont été construits entre la fin du Néolithique (-2500 ans) et le milieu de l’âge de bronze (- 1500 ans).

Dolmen Las Colombinos lieu-dit Taupels –Commune de Trilla

Ce mégalithe est installé sur une colline bien visible et les affleurements rocheux ont été utilisés pour délimiter le tumulus.

Ce monument est très mal conservé et seules les plus grosses dalles paraissent en place. Un mur en pierre sèche au nord-est pourrait être contemporain du dolmen et avoir servi de maintien au calage des rocs.

Maintes fois réoccupé au cours des siècles, le site n’a livré que quelques tessons de poterie modelée datant de la Protohistoire (Néolithique et âge des Métaux).

Les dolmens sont généralement des tombeaux pour les morts. Très souvent situées sur une hauteur ou un col, ces constructions en pierre pouvaient toutefois avoir une fonction de délimitation de territoire, car elles étaient visibles de loin. On en compte plus de 150 dans les P.O.

Les défunts inhumés dans les dolmens étaient accompagnés de leurs parures, armes et outils. On plaçait aussi des poteries à leurs côtés. Mais il n’est pas fréquent de trouver des vestiges de ces dépôts funéraires car ces monuments ont servi d’abri pendant des millénaires et ont donc été perturbés.

Il est également très rare de retrouver les ossements des morts déposés dans les dolmens car ces derniers sont en général rapidement dissous par l’acidité de la terre.

Pour se renseigner, tél à Jean-François : 04 68 56 81 03 / 06 20 40 63 05

(*) Le Perpignan Omnisports des Travailleurs-es, association affiliée à la F.S.G.T.

Jean-François Menny

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