Jeux de mains…

Jeux de mains…

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Une livraison qui confirme sa passion pour le genre, policier, et qui confirme que pour lui le polar n’est finalement qu’un prétexte pour développer ses positions sur la société.

Livre. Avec « La main de Dieu », son dernier polar, Daniel Hernandez poursuit son observation désabusée du déclin du monde viticole en Languedoc-Roussillon.

Daniel Hernandez est un écrivain particulièrement productif, peu après Les envahisseuses où il posait le problème des éoliennes dans la région, voilà un nouveau polar, La main de Dieu. Une livraison qui confirme sa passion pour le genre, policier, et qui confirme que pour lui le polar n’est finalement qu’un prétexte pour développer ses positions sur la société dans laquelle il vit. à l’évidence, la question viticole lui tient à cœur, elle traverse plusieurs ouvrages. Il y a eu Les vendangeurs du Caudillo (2005), polar politique sur fond de franquisme où apparaissait Facundo Trapero, antifasciste, père de José lequel est consultant pour la police, héros récurrent de l’auteur. Dans ce livre, déjà, Daniel Hernandez notait les difficultés croissantes qui affectaient le monde agricole audois, viticole notamment, un monde qu’il connaît bien et qui lui est cher.

Il est revenu sur le sujet quelques années plus tard avec Les cathédrales du vin (2011), il y faisait le constat d’un monde viticole mis en péril par la mondialisation.
En 2020, ça ne va pas mieux, José Trapero trimballe sa déprime dans son village familial de l’Aude en pleine désertification, où entreprises et commerces ont fermé, où plus rien n’est comme avant. Heureusement quelques meurtres et disparitions vont lui redonner la pêche, d’autant que s’y ajoutent des mains humaines plantées aux quatre coins du bled. On ne retrouvera pas tout à fait le tandem qu’il forme habituellement avec le commissaire Jepe Llense, ce dernier étant appelé à de plus hautes fonctions. à sa place, un petit jeune, Thomas Taillades, flic débutant. L’enquête permettra au lecteur la découverte d’une communauté villageoise, avec diacre, élue municipale pulpeuse, jeunes en déshérence, anciens qui tentent de maintenir les traditions…

Enquête complexe dans laquelle l’histoire et le patrimoine de la commune, l’église notamment, jouent un grand rôle. Au passage, le lecteur en apprend beaucoup sur les tombeaux et reliques.
Un roman qui mêle agréablement, histoire, politique et suspens.

D. Hernandez, La main de Dieu, éd TDO Noir austral 16€.
Daniel Hernadez sera présent à Alénya le 28 novembre.

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