
Jeunes à la rue

Les locaux de cet ancien hôtel restaurant ont été acquis l’an passé par le conseil départemental pour l’hébergement, l’encadrement et l’insertion d’une quinzaine de jeunes mineurs non accompagnés
La Cigale. S’asseyant sur une décision de justice, le maire RN de Perpignan envisage d’installer un poste de police dans les locaux de l’ancien hôtel qui devait accueillir des mineurs non accompagnés.
La question de La Cigale refait surface. Les locaux de cet ancien hôtel restaurant ont été acquis l’an passé par le conseil départemental pour l’hébergement, l’encadrement et l’insertion d’une quinzaine de jeunes mineurs non accompagnés. Rappelons que la protection de l’enfance, et donc celle des mineurs non accompagnés, fait partie des missions obligatoires du conseil départemental. L’ancien maire de Perpignan, Jean-Marc Pujol, avait aussitôt préempté le bâtiment prétextant la nécessité d’y implanter un poste de police. Le conseil départemental ayant saisi la justice, le tribunal administratif lui a donné raison et a annulé la préemption. Et voilà qu’aujourd’hui le nouveau maire Louis Aliot, déclare vouloir reprendre le projet de son prédécesseur.
« Le maire de Perpignan bafoue les décisions de justice ». l’assemblée départementale saisit à nouveau la justice.
Le conseil départemental dans un communiqué
Ainsi, actuellement, la situation est bloquée, personne ne peut occuper les lieux, or, le nouveau maire de Perpignan annonce une implantation en sachant pertinemment qu’il ne peut disposer du bâtiment !
Françoise Fiter, vice-présidente du conseil départemental, est profondément révoltée par cette situation : « C’est un très beau projet qui répond à un appel à projets européen qui est remis en cause, une vraie entrave à notre mission de protection de l’enfance.. ». Elle conteste « une décision purement idéologique », et ses conséquences : « ces jeunes seront à la rue, livrés à eux-mêmes, est-ce que c’est la solution ? Alors qu’ils veulent vraiment s’en sortir ! Voilà comment on considère des jeunes qui ont traversé tant d’épreuves, c’est un manque total d’humanité ! »
Une affaire qui suscite une autre question que formule ainsi Françoise Fiter : « Pourquoi mettre en concurrence deux services publics aussi nécessaires l’un que l’autre ? »
On peut en effet se demander pourquoi, par exemple, le commissariat installé proche de la place Cassanyes, fermé depuis trop longtemps, ne pourrait pas reprendre du service ?