
Quartier Saint-Jacques : « il n’y a aucune vision d’avenir »
Françoise Fiter est la conseillère départementale du quartier Saint-Jacques, et de celui du Champs de Mars, tous deux concernés par les dispositifs nationaux déjà anciens de rénovation urbaine. Élue depuis 2015, avec son binôme Rémi Lacapère, elle connaît ce quartier, ses habitants et les associations qui s’y activent.

Françoise Fiter est la conseillère départementale du quartier Saint-Jacques, et de celui du Champs de Mars, tous deux concernés par les dispositifs nationaux déjà anciens de rénovation urbaine. Élue depuis 2015, avec son binôme Rémi Lacapère, elle connaît ce quartier, ses habitants et les associations qui s’y activent.
« C’est un des quartiers les plus pauvres de France » précise-t-elle, « et rien n’est jamais facile ». « C’est aussi un quartier très ancien, avec des habitudes, une culture, une diversité, une histoire et des bâtiments anciens dont certains, sans aucun doute, méritent d’urgence une rénovation ». Elle rappelle ensuite les émeutes de 2005, les tensions latentes, la pauvreté, sans jamais évoquer lors de l’entretien les « communautés », préférant les termes d’habitants, de citoyens, de population. Sans aucune démagogie, elle sait que les questions posées sont complexes. Elle ne le cache pas.
On apprend les démolitions au dernier moment !
« Il y a toujours cette crainte de la population. Les habitants nous disent ne pas savoir, et apprendre les démolitions au dernier moment. Depuis Pujol, les concertations sont inopérantes. Il y a bien ces constructions de logements HLM place du Puig, (une quinzaine), mais ça ne suffit pas à rassurer ni à dessiner un avenir. Rien n’est facile, j’en conviens, mais dans ce cas, cela devient contestable. Le renouvellement urbain tel qu’il s’opère aujourd’hui ne s’accompagne pas par de projets structurants visibles, concernant la santé, l’emploi ou d’autres équipements. Les choses sont décidées, les destructions se poursuivent et c’est tout. Point final. Des parkings et rien d’autre. Rien n’est perceptible concernant le futur à moyen et long terme du quartier ».
Les habitants absents des « concertations »
« Lors des comités de pilotage, auxquels je participe, il n’y a jamais de représentants des habitants. C’est embêtant quand même. C’est un vrai problème. Et les associations, si précieuses pourtant dans le quartier, non plus. À ce propos, l’une d’elle a disparu, « le fil à métisser », malmenée et privée de ressources par la mairie. Ses activités, si importantes humainement, n’ont pas été remplacées. Même si un pôle santé a été créé, avec des permanences tenues par le CMP (Thuir), l’enfance catalane, Sauvy. Il y a aussi les travailleurs sociaux du Conseil départemental qui interviennent dans le quartier ». Rappelons que la « Casa musicale », l’institut Jean Vigo, et l’association Jazzèbre travaillent sur ce secteur, enrichissant le corpus sociétal, et mettant tout en œuvre pour que l’accès aux pratiques et à la culture soit ouvert à tous les publics. Françoise Fiter conclut : « le problème est polymorphe. Il est avant tout social, mais aussi patrimonial, esthétique et démocratique. Nous ferons ce qu’il faut pour faire avancer l’ensemble, avec les gens eux-mêmes ».
M. M.