« Il est temps de donner de la voix ! »

Sport.
Si le patinage est au cœur du vacarme médiatique depuis les révélations de Sarah Abitbol sur les violences sexuelles qu’elle a subies, c’est bien l’ensemble du sport français qui est interpellé.
Cinquante-quatre sportifs s’engagent dans une tribune pour que les violences sexuelles ne soient plus un tabou. « On ne pourra plus dire qu’on ne savait pas, car désormais, il faudra faire en sorte de savoir », annonce Marie Martinod, double médaillée olympique en ski acrobatique.
Il s’agit d’engager la lutte contre toutes formes de violences dans le milieu sportif. On ne peut pas traiter des violences de manière cloisonnée. La maltraitance n’a pas de genre, alors que la question des petits garçons est encore occultée! Avec seize millions de licenciés, c’est toute l’organisation du contrôle et de l’encadrement dans le monde du sport qu’il convient d’interroger. Ces actions doivent entrer dans un projet coordonné par une véritable réflexion de fond, menée avec des experts, au-delà des échéances électorales et des effets d’annonces.
Des enfants instrumentalisés?
Le sport occupe dans nos sociétés une place considérable: il est le lieu d’enjeux politiques, économiques, et culturels démesurés. Les J.O. mobilisent des capitaux colossaux pour donner à voir un spectacle grandiose où les nations célèbrent leurs héros. A quel prix pour ces athlètes qui dès l’enfance sont astreint.e.s à une pratique intensive finalisée par la seule performance et soumis.e.s aux diktats d’entraîneurs tout-puissants à leurs yeux? Au-delà des mécanismes d’impunité où des personnalités deviennent intouchables, il s’agit d’abord de calibrer les relations professionnelles. Un viol n’est pas une «relation inappropriée», c’est un crime!
Il ne peut y avoir de violence légitime: le respect de l’intégrité physique et psychologique de chacun.e est inconditionnel. La question sera donc celle de la limite de la tolérance à la violence pour que le sport ne puisse plus faillir à son ambition éthique.