Hommage à Odette Sabaté – Loiseau

Hommage à Odette Sabaté – Loiseau

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Odette, un long chemin de fidélité à ses convictions.

Disparition. Résistante en compagnie de sa mère Joséphine et de sa sœur Francine, disparues en déportation, militante tout au long de sa vie, Odette Sabaté vient de s’éteindre. 

Nous venons d‘apprendre la mort à Paris où elle vivait depuis quelques années auprès de sa famille de notre très chère camarade Odette Sabaté-Loiseau. Odette, un long chemin de fidélité à ses convictions : antifascisme, solidarité à l’Espagne républicaine, idéal communiste, cause des femmes. Mais aussi internationalisme et patriotisme en actes, amour de la patrie catalane. Une héroïne modeste qui savait d’autant plus goûter les plaisirs de la vie qu’elle lui fut si souvent tragique. Née à Thuir en 1924 dans un milieu modeste, père mort trop tôt des suites de la Grande guerre, elle est élevée par sa mère Joséphine, institutrice, femme active d’obédience socialiste, engagée très activement dès 1936 en faveur de l’Espagne républicaine. Odette participe très jeune aux collectes de fonds, d’alimentation, à la traversée des volontaires des Brigades internationales. Elle adhère à la Jeunesse Communiste dès 1937, à 13 ans, au sein du foyer de jeunes filles animée par sa sœur aînée Francine, sous la direction de Rosette Blanc qui milite aux côtés de Danielle Casanova.

Odette et sa sœur éditent un journal clandestin L’Avant-Garde, résistent sous diverses formes, fabriquent des faux papiers pour les combattants de l’ombre.

Leur maison devient une plaque tournante où séjournent guérilleros, résistants français et pilotes anglais abattus. Dénoncées, elles sont arrêtées en 1943. Sa mère et sa sœur permettent à Odette de s’échapper tandis qu’elles sont déportées à Ravensbrück d’où elles ne reviendront pas. 

Arrêtée de nouveau, torturée, puis heureusement libérée

Devenue illégale et agent de liaison pour la Résistance elle est arrêtée à Lyon le 16 août 1944, avec son responsable René Roucaute, par l’équipe française de la Gestapo dirigée par « Gueule Tordue », Francis André. Sévèrement torturés, ils ne parlent pas. Ce qui provoque la rage de « Gueule Tordue », il dit à propos d’Odette : « Je ne veux plus la voir ! Foutez-là à Montluc ! Là-bas on doit en fusiller sept cents, une de plus ou de moins ! » Mais la prison de Montluc est libérée par les FTP. Odette et René garderont jusqu’à la fin de leur vie de graves séquelles des tortures infligées. Le retour à la vie civile dans les Pyrénées-Orientales est difficile. Certains regardent avec suspicion cette jeune femme dont le compagnon Pierre Radvanyi est allemand, réfugié antifasciste. Jeune scientifique, fils de la romancière Anna Seghers, il deviendra un physicien nucléaire français de grande valeur. Mariés en 1948, ils ont un fils, Jean.

Toute une vie militante 

Odette gagne Paris, où elle va exercer des responsabilités de premier plan à l’Union des Jeunes Filles de France, puis à l’Union des Femmes Françaises. En 1971, elle dirige les écoles féminines du PCF. L’âge de la retraite venu, Odette et son deuxième mari, Pierre Loiseau, militant et conseiller municipal de la capitale, se retirent à Ria, village d’origine de sa famille. Tandis que Pierre anime jusqu’à son décès le PCF à Prades, où il s’est pleinement investi dans les luttes pour le Train Jaune, Odette, secrétaire de l’ANACR des P.O, prend en charge l’éducation des militants communistes. Elle organise une formation quasi permanente dans l’école désaffectée d’Escaro, village des mineurs du Canigou, où seront formées des générations de militants communistes catalans.. Odette a été incinérée au Père Lachaise. Une cérémonie locale à sa mémoire aura lieu à Ria début septembre.

Extraits de l’hommage dédié à Odette par Nicolas Devers-Dreyfus

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