Hô Chi Minh à Paris

C’est un tout petit livre, un opuscule, intitulé Au loin le ciel du Sud. Il est signé Joseph Andras, de lui on connaissait De nos frères blessés, une petit livre aussi, mais d’une incroyable densité dans lequel il évoquait la figure de Fernand Iveton. Ce dernier, militant communiste et anticolonialiste, proche du FLN, a été accusé d’une tentative de sabotage et guillotiné en 1957 en pleine guerre d’Algérie. Joseph Andras retraçait ce parcours tragique, et la peine, disproportionnée. 

Avec Au loin le ciel du Sud, Joseph Andras s’intéresse à Hô Chi Minh, pas le président de la République du Vietnam, mais celui qui dans les années 20 vivait chichement à Paris, était espionné, traqué pour ses activités politiques, son anticolonialisme. A l’époque il se nommait Nguyên Ai Qôc. C’est à une déambulation dans Paris que nous convie l’auteur, faisant halte à chaque adresse occupée par le futur Oncle Hô. De la rue de Charonne à la villa des Gobelins, Joseph Andras cherchant les traces du militant annamite rencontre aussi d’autres souvenirs, la Commune assassinée, les morts de Charonne, jusqu’aux Gilets jaunes aujourd’hui. Son écriture se fait rageuse face aux tragédies, aux injustices, elle est imagée pour décrire le Paris d’aujourd’hui, ses cafés, ses bruits, ses odeurs. Nguyên Ai Qoc aura passé beaucoup de temps à essayer de faire parvenir à des élus de gauche sa lettre contre le colonialisme, comme à convaincre ses camarades français de la justesse ce combat…On sent chez Joseph Andras beaucoup de tendresse pour le personnage, un peu moins pour le chef d’État qu’il est devenu par la suite… 

N.G. 

Chez Actes sud 8,90€ 

TAGS