Grève chez VIIA au Boulou

Grève chez VIIA au Boulou

Avec leur syndicat CGT, une partie importante des salariés de l’entreprise ont cessé le travail quelques heures, dimanche 20 et lundi 21 février.

©Michel Marc – Revendications salariales et conditions de travail

Avec leur syndicat CGT, une partie importante des salariés de l’entreprise ont cessé le travail quelques heures, dimanche 20 et lundi 21 février. 

Les salariés en grève chez VIIA, qui gère au Boulou l’exploitation des lignes d’autoroutes ferroviaires, revendiquent de meilleures conditions de travail, avec « la suppression des coupes nuits », la « mise en place de vraies pauses repas », la rénovation de matériel utile au travail, un réfectoire digne de ce nom avec un point d’eau et « une trousse Opérateur complète par équipe ». Il s’agit là de mesures concernant la sécurité des salariés et le bien-être au travail.  D’un autre côté, ce sont les salaires et les revenus qui sont mis en avant. Les salariés demandent des augmentations générales de 7 %, la mise en place d’une grille salariale et d’autres aménagements concernant les primes et les heures supplémentaires. Ces revendications, portées devant la direction, n’ont pas reçu de réponses. Ils ont donc décidé de la grève. 

Une grande entreprise opaque

Sur son site officiel, la société localisée à Levallois-Perret, en région parisienne, annonce pour l’année 2019 un chiffre d’affaire de 26 millions d’euros. Rien n’est dit sur les résultats d’exploitation. Ce qui interroge, c’est l’effectif salarié affiché. « Son effectif est compris entre 20 et 49 salariés ». Bigre ! Sur le seul site du Boulou, ils sont déjà 83 (dont une vingtaine d’intérimaires), qui travaillent 7 jours sur 7, 365 jours par an, 24h/24. Doit-on y voir là les moyens de ne pas respecter la législation en matière d’instance de représentativité des salariés ? Le ferroutage donc, les remorques de semis venant d’Espagne pour le Luxembourg ou l’Angleterre (Calais) sur les trains reste une belle activité, pérenne et promise à un bel avenir. Rappelons que l’entreprise, aujourd’hui privée, faisait partie de l’entreprise nationale SNCF qui l’a cédée. Depuis plusieurs mois, le trafic est en nette augmentation et les clients se font plus nombreux, hausse des carburants et des tarifs autoroutiers obligent. « Nous avons multiplié par deux l’activité en quelques mois et, de 6 trains par jour en 2021, nous sommes passés à 12. Le dimanche même, de 2 nous sommes passés à 6 » déclare ainsi l’un des salariés en grève. Il rajoute aussitôt « et nous sommes au Smic ! J’y travaille depuis 5 ans et je reçois 1200 euros net, ce n’est plus admissible !». Dans l’après-midi, les délégués du personnel rencontraient la direction locale. « La direction nous a dit apporter des réponses dès la fin de la semaine. Nous avons donc suspendu le mouvement ». 

Michel Marc

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