Gens qui rient, gens qui pleurent

Gens qui rient, gens qui pleurent

Jean Castex a présenté le contrat d’engagement jeune le 2 novembre à Vitry-sur-Seine : « Le Contrat d’Engagement Jeune va venir se substituer à tous les dispositifs qui avaient été mis en place« .

Contrat d’engagement jeune. Tandis que la Bourse de Paris croule sous les dividendes, le CAC 40 bat des records de profits, Macron fait un chèque valeur-limite à la jeunesse.

Le président de la République a annoncé la mise en place, pour la seule année 2022, d’un contrat engagement jeune (CEJ). Il a détaillé : « Concrètement, dès le 1er mars, tous les jeunes de moins de 25 ans qui, sans formation ni emploi depuis plusieurs mois, s’inscriront, pourront bénéficier de quinze à vingt heures d’accompagnement par semaine pour découvrir un métier, se former, trouver un apprentissage ou un emploi. Une allocation pouvant aller jusqu’à 500 euros par mois pourra être versée sous condition de revenus, d’assiduité et d’acceptation des offres d’activité faites ».

Comptes d’apothicaires

1,6 million, c’est le nombre de jeunes sans emploi et sans formation, sans comptabiliser celles et ceux qui n’entrent dans aucunes conditions énoncées et les étudiant.e.s. Actuellement, 200 000 jeunes bénéficient de la garantie jeune universelle et 100 000 de l’Accompagnement intensif des jeunes. Si le CEJ vise à réaménager ces dispositifs, seuls 500 000 jeunes seront éligibles. Pour les associations et les syndicats, le compte n’y est pas. « On est très loin des annonces du 12 juillet (…) et de l’ambition de garantie universelle portée par Élisabeth Borne lors de la remise du rapport du conseil d’orientation des politiques de jeunesse », regrette Antoine Dulin, président de la commission insertion jeunes de ce conseil. « Dès le départ, les ambitions étaient bien trop basses. Concernant les étudiants, rien n’est fait, rien n’est annoncé », a critiqué la présidente de l’UNEF.

Précarité ou métier, il faut choisir

Services civiques, stages, travail dissimulé : tout est bon pour faire des économies sur le dos des jeunes. En 2019, environ 1,5 millions des 15/29 ans n’étaient ni en emploi, ni en études, ni en formation. Les moyens alloués pour le dispositif CEJ sont dérisoires : 550 millions d’euros quand les besoins étaient estimés à 1,5 milliard d’euros. Dans le même temps, Macron aide financièrement les entreprises à recourir à l’emploi précaire, supprime des emplois dans le secteur public et laisse les grands groupes fermer les usines. Le seul contrat dont la jeunesse a besoin n’est-ce pas d’une formation au métier de leur choix, d’un emploi correctement rémunéré pour vivre dignement ? Le père Noël Macron est encore loin de la planète réalité.

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