Gaza – Un cessez-le-feu fragile

Gaza – Un cessez-le-feu fragile

Le cessez-le-feu mis en place en début d'octobre reste un progrès significatif, la mise en place d'un véritable plan de paix reste pour le moment illusoire.

Le cessez-le-feu mis en place en début d’octobre reste un progrès significatif, la mise en place d’un véritable plan de paix reste pour le moment illusoire.

Le troisième cessez-le-feu est entré en vigueur le 10 octobre et a permis la libération de vingt otages israéliens et deux mille Palestiniens. La situation reste tendue et les deux parties s’accusent de violations mutuelles avec plus d’une centaine de gazaouis tués depuis la signature de l’accord dans des frappes de l’État hébreu sur Khan Younes le 14 octobre et sur Rafah le 19, alors que la partie israélienne accuse la mort de deux de ses soldats dans une attaque le même jour. De plus, la situation humanitaire reste catastrophique selon l’OMS avec « la faim toujours présente, car il n’y a pas assez de nourriture qui parvient dans l’enclave palestinienne ». En effet, alors que l’accord négocié stipule l’entrée de 600 camions par jour, seulement 200 à 300 y rentrent quotidiennement, dont une grande partie des camions commerciaux et non humanitaires. De même, la pénurie de médicaments reste préoccupante alors que seuls quatorze sur trente-six hôpitaux gazaouis fonctionnent et doivent traiter plus de 170 000 blessés.

Un long chemin pour la paix

Une autre source d’inquiétude est la question de l’application et du maintien du cessez-le-feu, car la méfiance mutuelle entre le Hamas et l’État hébreu rend toute trêve difficile à maintenir. La société israélienne, otage de la poussée nationaliste, reste majoritairement en faveur de la politique dure envers son voisin palestinien.  

De plus, la volonté du gouvernement israélien de garder la main en matière de choix concernant la force internationale de stabilisation rend la concrétisation de cette dernière complexe. Lundi dernier par exemple, le ministre des Affaires étrangères israélien Gideon Saar a exclu la présence des soldats turcs, car selon lui, « la Turquie a adopté une approche hostile envers Israël » durant le conflit. Au-delà du cessez-le-feu se dresse la question du futur de Gaza et de son gouvernement. L’idée américaine d’une gouvernance transitoire temporaire par un comité palestinien technocratique et apolitique sous supervision d’un « Conseil de la Paix » présidé par Trump lui-même, reste déconnectée des aspirations des acteurs et des rapports de force sur le terrain. De même, le plan de développement économique « reconstruire et dynamiser Gaza » reprend les idées, farfelues, du président américain de transformer l’enclave en centre touristique et technologique. Si la France a enfin reconnu la Palestine en tant qu’État en septembre, il n’en est pas question dans le processus de paix proposé par l’administration américaine. La paix américaine ne prévoit même pas la perspective d’une solution à deux états in fine.

J. S.

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