Fontpédrouse est-il à vendre ?

Village. Le conseil municipal a voté la fermeture de l’école, la disparition de la vie du village est en marche.

Situé sur l‘adret de la vallée de la Têt, entre Olette et les hauts plateaux, traversé par la RN 116, le village de Fontpédrouse impressionne par sa vitalité historique, sa créativité et l’obsession tenace de la vie. Cent vingt habitants, dans des maisons accrochées à la pente face au soleil et au massif imposant du « Rodon » et du « Gallinas », y résident, à l’année ou occasionnellement.

Le village, son histoire

Au tout début du XXème siècle, c’était un bourg équilibré et dynamique. Il y avait une activité agricole importante, l’élevage, de l’agriculture vivrière et des jardins, et de l’artisanat. Puis sont venues d’autres activités, d’autres équipements. Le Train Jaune, d’abord, avec ses cheminots sur la voie et en gare qu’il a fallu construire et entretenir, la mini-centrale hydraulique nécessaire à son alimentation et, plus tard des fonctionnaires dont ceux de
feu l’office national des eaux et forêts (ONF), une école…

L’histoire combative du village ne s’est jamais démentie. On se rappelle la lutte sans merci pour éviter l’abandon de la ligne de chemin de fer et l’épisode de la gare, des dizaines d’années de vigilance et de manifestations, qui ont peut être fini par payer. On se rappelle aussi la lutte innovante et enthousiaste pour ré-ouvrir l’école et la conserver, l’école sauvage ayant scolarisé jusqu’à 17 élèves, avec l’appui d’enseignants diplômés bénévoles, la ténacité étonnante des habitants et de leurs élus pour créer et inventer les bains de Saint-Thomas, le volontarisme têtu pour améliorer le fameux refuge de la Carança, le développer et en faire un passage obligé pour tous les amateurs de haute montagne. Bref. Les convictions et les luttes avaient toujours permis de sortir des menaces par le haut. Jusqu’à construire des appartements HLM pour accueillir des familles modestes. Aujourd’hui, comme le précise le site informatique de la mairie, il y a encore une école à classe unique. Un jeune couple gère le camping municipal, plusieurs mois par an, le refuge attire toujours autant et génère deux emplois équivalents temps plein et des bénéfices pour la commune. Les « Bains », qui ont beaucoup souffert de la crise, occupent 17 salariés, ce qui est considérable et remplit les caisses de la commune. L’agence postale communale est ouverte sur des plages assez larges.

Le conseil municipal vote la fermeture de l‘école !

Du jamais vu ! Le président Macron souhaitait, au printemps 2019, « ne plus avoir d’ici à la fin du quinquennat de nouvelles fermetures, ni d’hôpitaux, ni d’écoles sans l’accord du maire ». À Fontpédrouse, c’est chose faite. Six voix contre quatre. Le cercle vicieux est ainsi engagé. Une ou plusieurs familles désirant s’installer pour un temps dans la commune ne le feront pas, faute d’école. La mairie va faire quelques économies (entretien, garderie, cantine…), les élèves vont prendre le taxi pour Olette, et l’enseignante (depuis 27 ans) de cette classe unique, se voit obligée de changer de poste à quatre ans de la retraite. Les anciens maires du village, Jean-Louis Alvarez et Arlette Bigorre ont donc écrit à madame la maire et aux conseillers municipaux, en février : « Très choqués et surpris par cette mesure (…). Nous pensons que l’école fait partie intégrante de la vie du village (…). Pas d’école, pas d’âme, pas de vie au village ». Ce courrier est resté sans réponse. Il se dit que les appartements HLM pourraient être vendus, ainsi que le refuge du Raz. Affaire à suivre.

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