Festival Musique sacrée

Festival Musique sacrée

© DR. Noémie Waysfeld.

Perpignan. Une édition 2021 qui a su cultiver l’équilibre entre les grandes formations et l’accès du plus grand nombre, notamment de la jeunesse.

Élisabeth Dooms, directrice du festival peut se réjouir du succès de l’édition 2021 du Festival de Musique Sacrée qui s’est achevée samedi soir sur les accents d’Afrique du Sud et du Nord de La nuit du monde. Après le festival de l’automne dernier brutalement stoppé par le nouveau confinement et l’attentat à l’église de Nice, le retour était un pari. Le public est revenu en nombre quel que soit le concert proposé, ne boudant ni les grandes formations reconnues, ni les découvertes, tant lors des séances payantes que gratuites. Autre dimension forte de la manifestation, l’attention portée aux jeunes, les différentes initiatives pour aller à leur rencontre, les faire participer. Citons dans un collège en REP une Passion de Bach devant des élèves ébahis. Citons aussi La porte étroite, un conte musical dû à Bertille De Swarte et Benoît Amy de la Bretèque, avec de jeunes solistes, le chœur d’enfants de l’Institut de recherche vocale et d’enseignement musical méditerranéen (IRVEM). À cette création participaient des enfants de CM2 de l’école d’Alembert 2 de Perpignan. D’autres animations en direction des enfants et des ados ont eu lieu en divers lieux de la ville, manière de former de futurs musiciens ou mélomanes. Et, tout au long, les jeunes ont bénéficié du tarif de un euro.

Impossible d’évoquer les 24 rendez-vous de ce marathon commencé dans une cathédrale comble pour une sélection d’Ave Maria. On pourrait évoquer l’excellence du Chœur de chambre Les Eléments interprétant, au cordeau, des chants romantiques et contemporains. On pourrait citer les pièces que le jeune Mozart devait produire à la chaîne à Salzbourg. C’était le Concert spirituel d’Hervé Niquet à l’Archipel, un chef toujours prêt à la rigolade mais quel talent !

Nous avons envie de parler du concert Soul of Yiddish avec au chant Noémi Waysfeld accompagnée de trois musiciens haut de gamme dont l’époustouflante violoniste Sarah Nemtanu. Chanteuse sublime, une voix au timbre profond, légèrement rauque, Noémi Waysfeld est toute entière tournée vers le public, son chant est comme un offrande. Elle a beau chanter en yiddish, elle est d’une telle expressivité qu’on a le sentiment de saisir la poésie des textes. Un répertoire à retrouver dans le dernier album du groupe.

Bach était, bien sûr, à l’honneur, réinterprété en mode électronique par Arandel et, le lendemain lors de la soirée baroque avec l’ensemble Le banquet céleste, des Cantates et un moment de grâce.

Pour l’édition 2022, Musique Sacrée retrouvera la période pascale. 

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