Fenouillet

Fenouillet

La balade du randonneur. LE P.O.T Rando’ Club(*) vous invite dimanche 8 mai à faire une balade

Durée : 4h20. Dénivelé : 430 m cumulé. Difficulté : moyen .Conditions: assurance journalière 3 euros Repas grillade : apporter apéro, vin, eau, viande… Départ : 8h30 au parking de la piscine du Moulin à Vent à Perpignan.

Un peu d’histoire…

Fenouillet

Notre-Dame de Laval

Fenouillet est un tout petit village composé de sept hameaux, dont le principal, « la Vilasse », est encadré par les ruines de deux fortifications : le château de Saint-Pierre au nord et le Castel Sabarda au sud. Au Moyen Age, alors que cette seigneurie était la capitale du Fenouillèdes, un troisième château : le Castel-Fizel lui était rattaché. Il ne reste malheureusement plus grand-chose de sa puissance passée, mais le cadre naturel, et notamment les gorges de Saint-Jaume sont superbes.

La seigneurie de Fenouillet apparaît aux alentours de l’an mille, c’était alors le siège d’une vicomté détenue par les comtes de Besalù. Elle fut officiellement citée pour la première fois en 1070, lorsqu’elle passait sous l’autorité des comtes de Barcelone, avant de rejoindre la Maison d’Aragon qui la conserva jusqu’à la Croisade contre les Albigeois.

Durant ces terribles évènements, nous savons, que le dernier vicomte des lieux, Pierre IV de Fenouillet, prit une part active dans la lutte contre les Croisés et que ses châteaux servirent de refuges à de nombreux chevaliers faidits (dépossédés de leurs biens).

Le château de Saint-Pierre

En 1229, lorsque le comte de Toulouse conclut la paix avec le roi de France (Traité de Meaux Paris), Pierre IV fut contraint de déposer les armes et céder son château ainsi que l’ensemble du Fenouillèdes à un certain Nunez Sanche, comte de Roussillon.

Treize ans plus tard (1242), il reprit la résistance aux côtés des Trencavel et participa, en vain, au siège de Carcassonne.

Sachant la partie perdue, et saisissant l’occasion de la mort de Nunez Sanche, la même année, il se soumit au comte de Narbonne et put ainsi récupérer sa vicomté.

Mais, ceci ne fut que de courte durée puisque la chute de Queribus (1255), précipita l’ensemble des forteresses de la région dans le domaine royal. Elles furent alors occupées par les troupes françaises, et les descendants de Pierre IV durent abandonner leurs biens et se réfugier dans l’une de leurs seigneuries du Roussillon.

Le Fenouillèdes devint définitivement possession de la couronne de France par le Traité de Corbeil en 1258.

Au XVIe siècle, le village de Fenouillet fut pris et en partie détruit par les protestants. Restauré, il tomba à nouveau en 1635, mais cette fois-ci entre les mains des Espagnols qui le rasèrent.

Le château de Saint-Pierre

Edifié sur un escarpement rocheux, le château s’élève à 546 m d’altitude et domine les gorges de Saint-Jaume qui constituaient d’excellentes défenses naturelles.

La forteresse s’ouvre au sud par une longue plate-forme d’accès. L’on pénètre ensuite, dans une vaste enceinte d’environ 140 m de long sur une cinquantaine de large ; elle témoigne de l’importance qu’avait le château à l’époque médiévale. Puis l’on remarque à l’extrémité nord de l’éperon rocheux, les vestiges d’un donjon qui était à l’époque très certainement ceinturé par une chemise.

À proximité des restes de la tour carrée, l’on découvre une intéressante et énigmatique construction voûtée de plus de 10 m de long.

La chapelle castrale est encore visible à l’est et l’on notera l’abside remarquablement appareillée. Le site est malheureusement difficile à interpréter, car totalement ruiné et particulièrement recouvert d’éboulis.

Le Castel Sabarda

Présentant de pittoresques ruines, il s’élève sur un rocher isolé, face au château de Saint-Pierre, dont il ne fut certainement qu’un poste de défense. On y accède en le contournant par derrière.

Il s’agit en fait d’un fortin . d’une vingtaine de mètres de long sur une dizaine de large, essentiellement constitué, d’un bâtiment central polygonal, flanqué de deux tours semi-circulaires ouvertes vers l’intérieur.

Les courtines atteignent une dizaine de mètres de hauteur. Une enceinte délimitant en contre-bas, une basse-cour, protégeait les faces sud et est les plus exposées de l’édifice. Il fut très certainement détruit en même temps que le château de Saint- Pierre, vers 1635, lors d’un raid espagnol.

La première mention que nous connaissons est de 1109-1117, dates où nous notons le serment de Guilhem Petri, vicomte de Fenouillet aux comtes de Cerdagne, pour le château de Fenouillet et celui de « Roche-Samardana » ; en 1117-1131, serment fait par le même à Raimon-Berenger, comte de Barcelone, pour le château de Fenouillet et toutes les fortifications du Fenouillèdes.

En 1290, le château figure sur la liste des forteresses royales de la frontière que Philippe le Bel demande au Sénéchal de Carcassonne de « bien pourvoir à la garde ». Au début du XIVe siècle, en 1302, le damoiseau Pierre de Scoys est châtelain de Sabarda, la garnison se compose de six sergents d’armes et d’un guetteur.

Au cours de cette même année, quelques travaux d’entretien sont exécutés par Girard de Royaumont (ou Réalmont), charpentier, et Adam de Comène, tailleur de pierre, « maitres des œuvres du Roi dans la Sénéchaussée de Carcassonne ».

La liste des châtelains, de la fin du XIIIe au milieu du XVe siècle, est parvenue jusqu’à nous, ce qui peut donner une indication sur la date approximative de l’abandon et de la ruine du château.

Le Castel Fizel

Les ruines du château de Castel Fizel occupent la crête, orientée nord-sud d’un piton calcaire s’élevant à 496 m d’altitude. Il surveillait la combe par où passait l’ancien chemin allant de Caudiès vers le plateau de Fosse et de là, en Roussillon.

Le château est mentionné en 1258 dans le texte du Traité de Corbeil (et relevait alors tout comme Caudiès, de la Couronne de France), qu’une garnison royale, forte de trois sergents commandés par le châtelain Pierre de Mirepoix, occupe.

Puis il est inféodé à une famille portant le même nom, passe en différentes mains, avant d’appartenir aux du Viviers. Sans doute encore opérationnel, Castel Fizel est pris, saccagé et détruit par les Espagnols en 1496.

Malgré l’absence d’information précise sur ce point, il semble cependant, qu’il fut abandonné définitivement, puis démantelé à l’explosif, en 1543, après un nouveau raid d’envergure des Aragonais (raid au cours duquel fut notamment détruite la Collégiale de Saint-Paul de Fenouillet).

Ses ruines laissent entrevoir son ancienne organisation : deux enceintes concentriques entouraient un puissant donjon de trois étages.

Au fond de la vallée, sur l’autre côté de la rivière, entre l’église de Laval et le château de Castel Fizel, existait autrefois une chapelle dédiée à Saint Jacques (Sant Jaume) actuellement transformée en un bâtiment rural dépendant du moulin qui se trouve à quelques mètres.

Cette chapelle qui a donné son nom à la rivière et à la vallée située sur les terres de Castel Fizel, devait servir aux quelques habitants du petit hameau de Castel Fizel, bâti au pied du château du même nom.

Cette chapelle était encore consacrée au culte en 1631 et le curé de Caudiès, archiprêtre du pays de Fenouillèdes, y fit, le 25 juillet de cette année, une cérémonie de réconciliation nécessitée par la profanation qu’elle avait subie. Elle était abandonnée dès le XVIIe siècle et, en 1792, on enleva les dernières pierres qui formaient l’arceau de la porte d’entrée.

Pour se renseigner, tél à : Jean-François 04 68 56 81 03 / 06 20 40 63 05

Jean-François Menny

(*) Le Perpignan Omnisports des Travailleurs-es, association affiliée à la F.S.G.T.

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