Femmes au temps du coronavirus

Femmes au temps du coronavirus

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Virus ou pas, pour beaucoup de femmes, le fossé qui les sépare des hommes est bien plus important que le seul montant de leur salaire.

Effet secondaire. L’épidémie de Covid-19 est aussi un phénomène social pénalisant une fois de plus les femmes. 

La crise sanitaire qui dure depuis plus d’un an s’accompagne d’une casse sociale et économique impactant violemment les femmes. Ce virus révèle des inégalités déjà massives face au travail et à la santé. Virus ou pas, pour beaucoup de femmes, le fossé qui les sépare des hommes est bien plus important que le seul montant de leur salaire. Au-delà de la question du revenu il recouvre également les heures de travail non rémunéré qu’elles effectuent et qui sont tenues pour acquises. Ce travail regroupe des tâches diverses, de la garde d’enfants à l’accompagnement des personnes âgées, en passant par les travaux domestiques. Toujours plus assignées aux tâches ménagères, la fermeture des écoles s’est traduite pour 43 % d’entre elles par plus de quatre heures de tâches supplémentaires. Quant au télétravail, les femmes qui ont des enfants doivent s’en occuper tout en télé travaillant, ce qui les concerne à 87 %*.

Les femmes en première ligne

Les femmes sont le plus durement touchées, car elles constituent près de 70 % du personnel de santé dans le monde et fournissent 75 % du travail de soin non rémunéré. Alors que ce travail se révèle encore plus essentiel et pénible dans le contexte de la pandémie,  il demeure sous-payé et sous-évalué. En France, les 10,4 millions de professionnels sur le « front » sont ceux dont les activités apparaissent essentielles dans cette crise. Ce sont tous les métiers de la santé, de l’éducation, de la propreté, de l’alimentaire et de sa distribution. On estime qu’ils feraient appel à des compétences « naturelles pour les femmes » et l’on nie ainsi les qualifications, les responsabilités ou encore la pénibilité qui les caractérisent. Parmi les plus mal rémunérées et davantage occupées par des femmes, ces professions sont exercées dans des conditions difficiles et parfois avec des horaires irréguliers. Ces métiers sont en outre souvent soumis à des conditions d’emploi précaires (CDD, temps partiel). Les femmes sont davantage exposées aux risques Covid car elles occupent plus souvent les métiers en contact avec le public. 36 % des femmes disent avoir subi une hausse de la charge de travail depuis le début de la crise**. 

Ce que fait le coronavirus aux inégalités 

Un million de personnes seraient tombées dans la pauvreté en France en 2020 selon les associations caritatives. Les femmes – et notamment les mères isolées -, sont les plus menacées. Au-delà de cette crise sanitaire, il y a une crise sociale, violente, dure. La problématique des femmes est indissociable de celle des inégalités. C’est parce que nous avons laissé faire trente ans d’austérité que notre pays n’est pas prêt à affronter cette crise. C’est parce que des milliers de lits d’hôpital ont été supprimés que nous sommes confinés. Les inégalités sont un effet de la crise, mais elles en sont aussi la cause. Plutôt que le PIB, la question de l’utilité sociale doit devenir la boussole dans le monde d’après, faute de quoi, l’égalité entre les femmes et les hommes demeurera une chimère.

**https://www.oxfamfrance.org/rapports/le-virus-des-inegalites/

**https://www.oxfamfrance.org/rapports/le-virus-des-inegalites/

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