
Et maintenant ?

Afghanistan. Après avoir semé la guerre et le chaos, les puissances occidentales laissent un pays exsangue et objet de toutes les convoitises.
Le sous-sol regorge de minerais : plomb, zinc, aluminium, molybdène, tungstène, chrome, baryum, lithium, mais aussi des métaux très valorisés comme l’étain et le tantale sont présents en quantité, sans oublier les incontournables que sont le fer et le cuivre. Pour ce dernier, l’Afghanistan a déjà signé en 2010 la cession d’exploitation de la mine de cuivre Aynak. Les clauses du contrat prévoient un investissement chinois (les gagnants de l’appel d’offres sont China Metallurgical Group et Jiangxi Copper Co) de 3 500 000 000 $, la construction du chemin de fer reliant le Nord de l’Afghanistan à la frontière pakistanaise, la construction d’une centrale électrique de 400 mégawatts et des royalties calculées sur 40 % des ventes de cuivre réalisées. En outre, l’Afghanistan a obtenu la construction d’une usine de transformation de minerai en lingots de cuivre, ce qui permettra au pays d’en maîtriser la technologie. Enfin il existe des gisements d’or non encore exploités au Badakhchan et près d’Hérat à l’Ouest de l’Afghanistan.
Les vautours planent sur le pays
L’arrivée des talibans au pouvoir ouvre la porte aux grandes manœuvres géopolitiques dans la région. Les richesses non encore exploitées incitent ses voisins, et certaines grandes puissances, à mettre les principes pseudos moraux de côté et à se préparer à commercer avec le nouveau pouvoir de Kaboul. Déjà la Chine et la Russie envoient des messages de compréhension vis-à-vis du nouveau régime. Le Pakistan, allié traditionnel des extrémistes religieux afghans, mais aussi des chinois contre la puissance grandissante de l’Inde, se veulent les intermédiaires dans ce grand marchandage.
Le Pakistan apparaît comme la plaque tournante de ce que pourrait être une future coopération à trois, avec la Chine et l’Afghanistan. Les Américains, qui viennent de quitter piteusement le pays, ne sont pas en reste. Bien placés pour évaluer le potentiel économique du pays, ils viennent de négocier le départ de 200 ressortissants américains du pays. Ils en profitent pour tenir un discours ambigu vis-à-vis des talibans les félicitant dernièrement pour leur « modération » et leur « attitude constructive ».
Alors que la nuit s’abat sur le peuple afghan, les grandes manœuvres ont commencé en coulisses pour être le mieux placé à la table du festin.