Est-ce ainsi que les hommes et les femmes vivront ?

Est-ce ainsi que les hommes et les femmes vivront ?

© Лечение наркомании de Pixabay
La dépendance vis-à-vis des plateformes numériques qui pillent la société sans vraiment créer des richesses.
 

Le jour d’après. Les pratiques qui se mettent en place tracent une société qu’on ne souhaite pas à nos enfants.

De l’embrouillamini des mesures annoncées de ce second confinement, ce qui ouvre et ce qui ferme, ce qui est essentiel ou superflu, surgit la solution miracle. Le « click & collect » se répand comme une traînée de poudre. Les plateformes se multiplient à la vitesse grand V. Et chacun y va de son clic pour défendre les libraires, les coiffeurs et les fleuristes. La grande distribution ouvre ses portes aux petits commerces. Le mariage de la carpe et du lapin ! Tout sauf Amazon. Et chacun de créer son petit Amazon. Parions qu’à l’arrivée, les petits poissons seront dévorés par le requin US. Parions aussi que les habitudes prises pendant le confinement perdureront et qu’il ne sera plus indispensable d’aller tailler la bavette avec son libraire ou fleuriste, sauf pour le coiffeur encore. La société sans contact est en marche.

Cédric Durand, enseignant chercheur à Paris XIII, pointe dans son dernier ouvrage « Techno-Féodalisme » l’un des enjeux cruciaux du développement de l’économie numérique, la dépendance vis-à-vis des plateformes numériques qui pillent la société sans vraiment créer des richesses. Les capitaux délaissent la production pour se concentrer sur la prédation. L’auteur met en évidence les contradictions du nouveau capitalisme numérique : retour des monopoles, accroissement du contrôle des travailleurs, « la glèbe numérique », innovation sans croissance et intensification des clivages géographiques. Une sorte de retour au féodalisme médiéval.

Des lois d’exception

En même temps, se déploie en France depuis plusieurs années tout un arsenal de lois liberticides. D’états d’urgence en couvre-feux, un dispositif législatif d’exception se met en place auquel une grande partie de la population s’habitue bon an mal an. Nous sommes en guerre ne cessent de répéter nos gouvernants pour justifier ces entraves aux libertés publiques. Des drônes pour surveiller les manifestations, en passant par la police qu’on ne pourra plus filmer, des militaires dans les rues, une atmosphère guerrière qui ne laisse présager rien de bon. Le bouquet final ce sont nos institutions mises en parenthèses, le conseil de défense remplace le conseil des ministres, et des députés sont sommés, par un ministre, de quitter l’Assemblée nationale. En d’autres temps, des députés ont su répondre : « Nous sommes ici par la volonté du peuple, nous n’en sortirons que par la force des baïonnettes », Mirabeau, 23 Juin 1789. 

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