
Entre satisfaction et goût amer à la clinique Dupré

Théza. Après neuf jours de grève, les salariés ont repris le travail. Ils réclamaient le versement d’une prime prévue, des augmentations de salaires et des embauches. La clinique, établissement privé à but lucratif, intervient dans le domaine de la santé mentale. Les responsables du syndicat CGT ont répondu à nos questions.
Quelles étaient les raisons de la grève dans cette clinique ?
Notre mouvement de grève a débuté le lundi 7 juin, suivi par la grande majorité des salariés de la clinique, tous corps de métier confondus. (…) Informé depuis le 6 mai des demandes des salariés, le directeur, monsieur Videgrain, est toujours resté fermé à la discussion. Et après une entrevue infructueuse le premier juin, les salariés syndicalistes se sont rassemblés pour décider d’un mouvement de grève pour faire valoir nos revendications. (recrutements, créations de postes de travail, augmentation des salaires et versement de la prime…). Au fil des années, la rentabilité de la clinique n’a cessé de croître.
Les procédures de « réquisitions » ontmarqué le conflit. Le préfet a été débouté. Est-il allé trop loin ?
Les réquisitions ont été faites dès le début pour les soignants de nuit !
Ces réquisitions surdimensionnées, à la demande de la direction, soutenues par la préfecture et l’ARS, ont contribué à prolonger notre mouvement. En 2018 le préfet en poste avait fait le choix de ne pas prendre parti, ne signant alors aucun ordre de réquisition.
Le jugement du Tribunal administratif porté le 12 Juin a donc permis de mettre en évidence l’absence de bien-fondé des réquisitions, le nombre de personnel réquisitionné étant largement supérieur aux effectifs normalement prévus. À ce jour, de nombreux soignants restent marqués par la violence de cet évènement, littéralement traqués par gendarmes et huissiers pour les contraindre à reprendre le travail.
Vous avez repris le travail. Êtes-vous satisfaits du résultat des négociations ?
Nous sommes satisfaits d’avoir pu trouver un terrain d’entente après 9 jours de mobilisation. Il y a quelques avancées. Mais nous sommes loin, malgré tout, des revendications initiales. Cette fin de grève laisse un goût amer, d’autant que la direction a refusé la proposition d’étalement du prélèvement des jours de grève. Cette démarche aurait pourtant pu permettre aux salariés de pouvoir de se projeter plus sereinement à l’approche de l’été. Rajoutons que nous avons été soutenus par Madame Malherbe, présidente du Conseil départemental, Monsieur Garcia, maire de Elne, Madame Delga, présidente de région ainsi que Monsieur Thibaut, maire de Théza.