
Deux virtuoses pour de la musique française du XXe siècle

Concert. Éliane Reyes et Alexis Kossenko se produisaient dans la belle église de Saint-Génis-des-Fontaines à l’invitation des Amis d’Alain Marinaro.
Samedi dernier, à Saint-Génis, il s’agissait, assurément, d’un concert d’exception, d’ailleurs il ne restait pas une place libre dans l’église. Deux interprètes de haut vol, la pianiste Éliane Reyes, pianiste officielle du concours Reine Élisabeth de Belgique, le flûtiste et chef d’orchestre Alexis Kossenko. Ce dernier, ne reculant devant aucun défi, non content d’avoir créé son propre orchestre, Les ambassadeurs, vient de reprendre celui du regretté Jean-Claude Malgoire, La grande Écurie et la Chambre du Roy.
Un duo épatant, également virtuoses, très complices, deux personnalités différentes. Elle, toute élégance et sobriété, lui, de la superbe, un fol abattage. Le mélange aurait pu être détonnant, c’est au contraire une merveille d’harmonie, un dialogue enfiévré. Au piano, Eliane Reyes caresse les touches, elle s’exprime avec une belle sensibilité, dans la retenue. Le flûtiste, en position de lutteur, arc-bouté sur son instrument, livre un combat sans merci. Avec ces deux, les musiques de Debussy, Ravel, César Franck, Poulenc coulent de source. Les morceaux de résistance, la sonate en la majeur pour flûte et piano de César Franck et celle de Francis Poulenc, chacune dans son registre (plus de 50 ans séparent leur composition), déroulent une histoire pleine de rebondissements, les éclats succédant aux moments tendres ou apaisés. Le public pouvait également apprécier chaque artiste en solo, la pianiste avec les Jeux d’eau de Ravel et leurs sonorités cristallines, le flûtiste avec Syrinx de Debussy, qu’il jouait caché dans une chapelle latérale, effet saisissant. Cerise sur le gâteau, l’acoustique rare de l’église Saint-Michel ajoutait au charme de la soirée.