Deux filles bottées de rouge

Deux filles bottées de rouge

Adélaïde Panaget et Naïri Badal, cultivent avec flamme et talent l’art du duo.

Concert. Les Amis d’Alain Marinaro invitaient les deux pianistes du duo Jatekok pour quatre concerts dans le département. Un redémarrage de charme.

Après l’interminable interruption des concerts, les Amis d’Alain Marinaro mettent les bouchées doubles. Pour la reprise, l’association avait programmé deux concerts du duo Jatekok l’un à Port-Vendres, l’autre à Villeneuve-de-la-Raho. Devant le succès, il a fallu les doubler. Adélaïde Panaget et Naïri Badal, les deux jeunes femmes qui composent le duo ont assuré. Jatekok signifie « le jeu » en hongrois, sans doute les deux artistes adorent le double sens entre « le jeu » pianistique et « le jeu » d’amusement. Voilà donc deux pianistes confirmées, chacune soliste, qui cultivent avec flamme et talent l’art du duo, tantôt sur deux pianos, tantôt à quatre mains. C’est merveille de savourer leur accord parfait, la façon dont elles se répondent, au doigt et à l’œil, les sourires échangés.

L’une en blanc, l’autre en rose, les deux chaussées de bottines rouges, dès l’entrée en scène, elles font sensation. Il suffit qu’elles égrènent les premières notes pour que le charme opère. Leur choix de programme : la musique française du début du XXè siècle, Debussy, Saint Saens (dont c’est le centenaire de la mort) Bizet. Adélaïde et Naïri y sont comme chez elles, passant allègrement de l’élégante délicatesse de Debussy, à la rage de la Danse macabre de Saint Saens pour plonger dans la passion de Carmen. Le clou du concert, les 14 saynètes du Carnaval des animaux de Saint Saens avec Jean-Yves Marinaro déclamant le poème écrit par Francis Blanche. Un grand moment d’éblouissante virtuosité pianistique et la révélation d’un comédien. Lisant ce texte hilarant truffé d’images insolites et de jeux de mots Jean-Yves Marinaro est bluffant.

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