Desserrer l’étau : prendre la maîtrise du travail

Desserrer l’étau : prendre la maîtrise du travail

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Le travail humain ne disparaîtra pas.

Sécurité-Emploi et/ou formation. Les revendications et les carences actuelles mettent à l’ordre du jour le besoin de construire pour le XXIe siècle un régime de travail essentiellement humain.

À l’occasion du centenaire de la création de l’Organisation Internationale du Travail, Alain Supiot, professeur émérite au Collège de France, a composé, avec le concours d’une vingtaine d’auteurs, un ouvrage qui s’intitule : Le travail au XXIe siècle. Face à la révolution technologique, au péril écologique et à un ordre juridique international schizophrène, l’ouvrage entend relever le défi qu’advienne au XXIe siècle un régime de travail essentiellement humain. C’est absolument dans ce sens que va le projet Sécurité-Emploi et/ou formation. La formation devenant le moyen, pour les périodes de non-emploi, soit subi, soit souhaité, d’assurer aux travailleur.se.s une garantie de revenus tout au long de leur vie de travail et de faire ainsi disparaître le chômage. Chômage dont on oublie trop, à écouter ceux qui pleurnichent avec des trémolos dans la voix, qu’il constitue, pour les capitalistes, l’armée de réserve dont ils ont besoin pour contraindre les travailleurs à se soumettre à leurs lois.

Ce n’est pas la fin du travail

Quels que soient les acquis de la robotique et de l’intelligence artificielle, le travail humain ne disparaîtra pas. Sans arrêt, des emplois se créent, le malheur est que le capitalisme en détruit d’autres et organise la précarité. Pourtant, les robots ne s’engendreront pas spontanément ; l’intelligence artificielle est une création humaine. Le capitalisme conçoit et développe la robotique contre les humains, ce qui engendre d’infinis dégâts. Alors que l’optimum serait d’associer les moyens techniques et les moyens humains dans des systèmes évolutifs maîtrisés les associant pour des résultats qui aillent s’améliorant, et qui donnent aux humains, à tous les niveaux d’intervention, une place réellement bénéfique, au lieu de les aliéner et de les asservir. Développer les emplois et les sécuriser. Assurer les formations nécessaires et les lier aux besoins nouveaux et aux demandes des travailleurs. Garantir pour cela des revenus sans interruption. Tels sont nos objectifs.

Agir dès maintenant

Sans que celles, ceux qui les formulent en aient peut être encore pris conscience, les revendications qui s’expriment et se renforcent actuellement vont dans ce sens. Que demandent les soignant.e.s, à tous les niveaux, et depuis longtemps déjà ? Des embauches nouvelles, des gens formés et aptes à se qualifier encore. Embauches adaptées aux besoins au lieu de servir les contraintes imposées par le manque de soignants. Que demandent les enseignant.e.s ? Pas l’embauche sur petites annonces de vacataires ignorant tout de l’enseignement, mais des postes stables, correctement rémunérés et offrant des garanties de progression dans la carrière. Idem pour toute la fonction publique : postes, impôts et toutes formes d’administration. Tout ceci exigeant réorganisations si nécessaire, amélioration des formations pour mieux répondre aux besoins, autrement dit une nouvelle et nécessaire valorisation du travail. Dans le privé, aborder tout autrement la robotisation et les aides mécaniques ou numériques, empêcher la casse des entreprises, valoriser les acquis professionnels, réduire la durée du travail. Proposer cela, c’est approfondir le sens des luttes, donner espoir, ne plus se battre seulement le dos au mur.

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