
Des questions obsédantes
À l’issue de la conférence de Munich sur la sécurité où la Russie n’a pas été invitée, Francis Wurst, député communiste honoraire du Parlement européen s’étonne qu’aucun des « ténors » de la conférence n'ait osé poser la question : « si nous avions réagi différemment au discours de Poutine devant notre conférence en 2007, cela aurait-il pu éviter la guerre en 2022 ? ».

Ukraine/UE
À l’issue de la conférence de Munich sur la sécurité où la Russie n’a pas été invitée, Francis Wurst, député communiste honoraire du Parlement européen s’étonne qu’aucun des « ténors » de la conférence n’ait osé poser la question : « si nous avions réagi différemment au discours de Poutine devant notre conférence en 2007, cela aurait-il pu éviter la guerre en 2022 ? ».
N’est pire sourd…
En effet, en 2007, Poutine avait dit les quatre vérités aux occidentaux qui n’ont pas voulu entendre : « il faut repenser sérieusement l’architecture globale de la sécurité (…) Le rôle de la diplomatie multilatérale s’accroît considérablement (…) Le risque potentiel de déstabilisation des relations internationales tient également à l’absence évidente de progrès dans le domaine du désarmement. La Russie se prononce pour la reprise du dialogue à ce sujet ». Après avoir énuméré une série de propositions concrètes à ce propos, Poutine a posé la question-clé de l’élargissement de l’OTAN : « C’est une provocation qui sape la confiance mutuelle et nous pouvons légitimement nous demander contre qui cet élargissement est dirigé ». Rappelant un discours du secrétaire général de l’OTAN, à Bruxelles en1990, dans lequel l’organisation atlantique se disait prête « à ne pas déployer les troupes de l’OTAN à l’extérieur de la République fédérale allemande » et soulignait que « cela donne à l’Union soviétique des garanties sûres de sécurité », Poutine a interrogé l’assistance : « Où sont aujourd’hui ces garanties ? ».
Erreur politique ?
F. Wurst questionne : « Si, au lieu d’ignorer ces interpellations légitimes, les dirigeants occidentaux s’étaient remémorés les mises en garde de stratèges américains eux-mêmes comme Geirges Kennan » qui sonna l’alerte dès 1997 par ces mots : « l’élargissement de l’OTAN vers l’Est risque d’être la plus fatale erreur de la politique américaine depuis la guerre ». Francis Wurtz ajoute : « Si les mêmes n’avaient pas récidivé l’année suivante en rejetant la proposition de la Russie, le 6 juin 2008, de conclure un « traité paneuropéen de sécurité » sous l’égide de l’ONU et traitant de tous les différends Est-Ouest à la seule condition de ne pas prendre des mesures mettant en cause la sécurité de la Russie -autrement dit, avant tout, de stopper l’extension de l’OTAN…, cela aurait-il permis d’éviter l’exacerbation continue de la crise jusqu’à la folie criminelle à laquelle nous assistons aujourd’hui de la part du Kremlin ? Et conclut : « Nul ne peut apporter une réponse définitive à cette question, mais peut-on éviter de poser la question ? ».
Ray Cathala