DAAAAAALÍ !

DAAAAAALÍ !

Une jeune journaliste déterminée à réaliser un documentaire sur la grande star « surréaliste » de son temps alors que Yannick Noah est en finale à Roland Garros, voilà le pitch du tout dernier Quentin Dupieux.

Film

Une jeune journaliste déterminée à réaliser un documentaire sur la grande star « surréaliste » de son temps alors que Yannick Noah est en finale à Roland Garros, voilà le pitch du tout dernier Quentin Dupieux.

C’est plus un hommage qu’un biopic consacré au génie de la peinture surréaliste qui s’amusait à rendre les montres molles et à faire dégouliner le temps, un personnage excentrique, narcissique, totalement mégalo, égocentrique, et ambigu par l’attirance dégoûtante des fascistes de son temps, Hitler et Franco.  Son nom s’écrit au cinéma avec six « A ». Daaaaaalí, comme les six interprètes qui imitent chacun à leur manière sa folie verbale. 

Oui, on rit, on est surpris. On rit de sa propre surprise c’est l’effet Dupieux. Effet habituel de ce cinéaste qui nous émerveille une ou deux fois par an parce qu’il tourne beaucoup et vite.  On est émerveillé par ses audaces et son âme d’enfant. Il faut rappeler quand même que Quentin Dupieux répond également au nom de Mr. Oizo, figure emblématique de la musique électronique de la « French Touch » comme les Daft Punk. Identifié ou non, il s’impose comme un artiste d’icônes, d’images et de sons. Avec Daaaaalí, il construit de la démesure irréaliste dans une heure dix-huit de pellicule. L’Espagne et la Catalogne raisonnent dans nos oreilles grâce aux accords lancinants de guitare de la seule musique orpheline qui constitue la BO signée Thomas Bangalter. 

Dans ce scénario digne d’une « Fontaine nécrophilique coulant d’un piano à queue » issue de la méthode spontanée de connaissance irrationnelle, basée sur l’objectivation critique et systématique des associations et interprétations délirantes du maître catalan, ne cherchez ni début, ni fin, mais bel et bien une œuvre cinématographique de l’artiste pour l’artiste.

Petite mention spéciale à Romain Duris qui n’a pas eu la chance de se lisser les moustaches à la Dali mais qui participe à cette audacieuse aventure. Sa muflerie répugnante dégouline au fur et à mesure du film, prédateur d’une industrie cinématographique, dans tous les sens du terme. On sort de la séance rafraîchi d’une expérience de six interprètes pour un seul et même personnage. Six et un font sept, comme le classement du cinéma dans l’échelle de l’art. 

Ce film audacieusement original donne envie de faire du cinéma, avec une caméra gigantesque ! 

Olivier Patrouix Gracia

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