Cucugnan

Cucugnan

La balade du randonneur. Le P.O.T Rando’ Club (*) vous invite dimanche le 22 mai à faire une balade

Durée : 3h40. Dénivelé : 320 m. Difficulté : moyen. Conditions : assurance journalière 3 euros. Repas : au restaurant « La Table du Curé » à Cucugnan. Départ : 8h30 au parking de la piscine du Moulin à Vent à Perpignan.

Un peu d’histoire…

Cucuniano est mentionné pour la première fois en 951 : le comte du Razès, Roger de Carcassonne, fait don de certaines de ses possessions sur le territoire de Cucugnan à l’abbaye de Lagrasse.

Le territoire de Cucugnan fait partie du pagus du Perapertusès, division administrative du comté de Razès, alors sous le contrôle des souverains carolingiens.

Vestiges du château en ruines

Dans les années 863-864, le comté du Razès est octroyé au comte de Carcassonne. Après la guerre du Razès en 981, une majeure partie du Perapertusès, dont Cucugnan passa entre les mains du comte de Besalu vers 1010.

À la fin du Xe siècle, l’émiettement du pouvoir carolingien entraîne la multiplication des forteresses sur les hauteurs (Quéribus, Peyrepertuse).

En 1111, Peyrepertuse et tout le territoire qui appartient au comte de Besalù entrent dans le domaine du comte de Barcelone.

En 1140, Berenger de Peyrepertuse rend hommage au comte de Barcelone pour la « forteda de Cucuniano ».

Ce fut la première mention d’un ensemble fortifié, dont il ne subsiste aujourd’hui que quelques vestiges du château et de son enceinte sur les hauteurs nord.

En 1193, le seigneur de Cucugnan est cité pour la première fois. Lors de la croisade contre les Albigeois (1209-1255), la famille de Cucugnan, branche cadette de la puissante famille de Peyrepertuse, se joint à la résistance languedocienne et protège les hérétiques traqués. Pierre ce Cucugnan se soumet cependant au roi de France Saint-Louis en 1241.

En 1258, le Traité de Corbeil fixe la frontière entre la France et le royaume d’Aragon, dans le Fenouillèdes. Cucugnan vit désormais dans une zone peu sûre. Le village serait détruit à la fin du XVe siècle.

Au XVIe siècle, le nouveau village s’organise au-dessous du village médiéval ruiné. À l’ouest, une porte fortifiée en plein cintre semble attester d’une enceinte villageoise. Une maison « du seigneur » est mentionnée en 1692 sur les documents d’archives. La tradition orale la situe face à l’église actuelle.

Le moulin à vent « d’Omer »

Le bâtiment ainsi que le mécanisme ont été réhabilités en 2003. Il est mentionné sur les documents d’archives en 1692 et appartient au seigneur de Cucugnan jusqu’à la Révolution. Il est considéré en ruines en 1838.

Ses ailes en frêne sont orientées face au vent grâce à un toit pivotant. Elles sont habillées de toile que le meunier dépliait en fonction de la force du vent. La poutre maîtresse est en chêne et les engrenages en buis. Les meules horizontales sont en granit.

Ce moulin est bâti à même le rocher en pente, au-dessus de trois anciennes aires de battage. Il témoigne d’une polyculture où le blé tenait une place prépondérante jusqu’à la moitié du XIXe siècle. L’économie locale reposait sur les céréales et l’élevage de chèvres et de moutons.

De nos jours, le pittoresque village de Cucugnan vit essentiellement de la viticulture et du tourisme. Construit en amphithéâtre, parcouru de venelles, de rues escarpées, il est dominé par un moulin à vent dit « le moulin d’Omer ».

L’église Saint Julien et Sainte Baselisse

Le vocable de l’église paroissiale de Cucugnan laisse supposer l’ancienneté de l’implantation du bâtiment religieux, à l’époque carolingienne, sans impliquer pour autant un habitat regroupé.

Quand les seigneurs de Cucugnan s’installent et affirment leur pouvoir, le lieu de culte est déplacé dans leur château, sur le terre-plein en haut du village. L’église est mentionnée pour la première fois en 1360.

Très détériorée, elle est détruite vers 1860 pour servir à la construction de l’église actuelle. Elle a fait l’objet d’une restauration en 1991.

Le château de Quéribus

Quéribus (Popia Cherbucio) est mentionné pour la première fois en 1020, sur le testament de Bernard Taillefer, comte de Besalu. En 1111, les domaines du comté de Besalu sont réunis à ceux du comte de Barcelone. Ce dernier devient roi d’Aragon en 1162. Quéribus relève dès lors du royaume d’Aragon.

Lors de la croisade contre les Albigeois, il abrite des religieux cathares : Benoît de Termes, diacre du Razès, s’y réfugie et y meurt en 1241. Quéribus est le dernier bastion à tomber aux mains des croisés français en 1255. Le chevalier Chabert de Barbaira tient alors cette ultime défense.

Le château entre dans le royaume de France sous le règne de Saint Louis. En 1258, le traité de Corbeil fixe la frontière entre la France et l’Aragon au sud des Corbières, à portée de vue de Quéribus.

Ce dernier devient une pièce maîtresse du dispositif défensif français dont le centre de commandement est Carcassonne. Il est l’un des «cinq fils de Carcassonne » : Quéribus, Aguilar, Peyrepertuse, Puilaurens et Termes.

Son destin fut définitivement scellé par le Traité des Pyrénées (1659) et bien qu’une faible garnison y ait été maintenu jusqu’au XVIIIe s, il perdit alors tout intérêt stratégique, puisque la frontière gagna à cette époque la cime des Pyrénées.

Depuis toujours gardien du col du Grau de Maury, Quéribus est perché sur un étroit piton rocheux à 728 m d’altitude. Véritable nid d’aigle, il surveille du haut de son imposant donjon polygonal les Corbières, le Fenouillèdes et la plaine du Roussillon.

Il est classé monument historique depuis 1907. Des restaurations sont menées depuis plus de dix ans : sauvegarde, consolidation et mise en valeur des éléments architecturaux.

Pour se renseigner, tél à : Jean-François 04 68 56 81 03 / 06 20 40 63 05

Jean-François Menny

(*) Le Perpignan Omnisport des travailleurs-es, association affiliée à la F.S.G.T.

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