Coups de feu dans le bayou

Coups de feu dans le bayou

©DR.
Un épisode politico-policier se déroulant à Houston.

Livre. Marée noire, thriller captivant et engagé, est le premier roman de l’Afro-Américaine Attica Locke, écrit en 2009, il est désormais traduit en français.

C’est toujours un bonheur de découvrir un écrivain, en l’occurrence une écrivaine. Attica Locke est Afro Américaine, née à Houston, Texas, en 1974, elle est aussi enseignante et scénariste. Certains de ses textes récents, lus dans L’Humanité, montrent que Trump n’était vraiment pas à son goût, d’où l’envie de la connaître davantage en se plongeant dans son premier roman, Marée noire (Folio policier).

Le livre est une réussite, tant par son écriture, fouillée, expressive, que par son contenu, un épisode politico-policier se déroulant à Houston. Et on en aime bien son héros, Jay Porter, noir, avocat à la maigre clientèle, qui se remémore sans cesse ses années de militantisme pour les droits civiques qui lui ont valu la prison. Des années plus tard, avec Jay Porter, les ennuis ne sont jamais bien loin.

Le livre débute par une balade en bateau dans le bayou, cadeau d’anniversaire de Jay à sa femme Bernie, très enceinte. Soudain, des coups de feu, des cris, une femme à l’eau, Jay plonge pour la sauver. S’enclenche dès lors une spirale d’événements à hauts risques, car, dans les années 80, au Texas, être noir n’est jamais sans conséquences, même sauver une femme de la noyade. Jay sera confronté à la maire du lieu, son ancienne petite amie, à des avocats sans scrupules, à un scandale lié au pétrole…il se trouvera aussi impliqué dans une grève des dockers. Outre un suspens efficace, le livre offre un passionnante vision d’une société marquée par la ségrégation raciale, la violence, la corruption et les atteintes à l’environnement. A l’évidence Attica Locke n’a pas oublié le combat pour les droits civiques qu’ont mené ses parents dans les années 70, période de sa naissance. Une parenthèse a suivi, Marée noire s’en fait l’écho. Le mouvement Black lives matter du printemps 2020 montre que ce combat est toujours nécessaire.

De la même auteure, Dernière récolte, Folio Policier

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