
Coupe rase à l’ONF par l’État

Forêts. La forêt publique française gérée par l’Office National des Forêts (ONF) est en danger.
Les forêts, un des poumons de la planète, jouent un rôle essentiel dans la lutte contre le changement climatique. La préservation et le développement des surfaces boisées constituent un enjeu public essentiel pour le stockage du carbone. Pour préserver les forêts, une centaine de pays ont adopté, lors de la COP 26, une déclaration sur les forêts, mais leur promesse est jugée trop molle par les défenseurs de l’environnement. En France métropolitaine, le taux de boisement s’élève à 31 % de la surface du territoire. Dans les Pyrénées-Orientales, il est de 50 % dont 25 % de forêts publiques. Le gouvernement français veut accroître les prélèvements en forêt de 70 % d’ici 2050 et n’hésite pas à confier ces coupes de bois à des entreprises privées. Les régions, aussi, participent à cet écocide, le projet de la méga scierie Florian qui a l’intention de couper tous les vieux hêtres de la chaîne pyrénéenne en est un exemple. Ce qui implique une exploitation immédiate toujours plus accrue des forêts sans envisager des solutions alternatives.
Qui gère les forêts publiques aujourd’hui ?
L’Office Nationale des Forêts, créé en 1966, a en charge la gestion des 17 000 forêts publiques françaises sous la tutelle du ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation. Cet organisme, que de nombreux pays nous enviaient, a succédé à l’Administration des Eaux et Forêts créée en 1291 par Philippe le Bel. Depuis des années, l’ONF subit de nombreuses restructurations, l’État en transfère petit à petit l’activité à la sous-traitance privée. Avec 40 % d’emplois détruits en 20 ans, l’ONF ne compte aujourd’hui que 8 000 salariés et est en voie de disparition physique alors que les enjeux écologiques sont de plus en plus forts.
Le 25 novembre, les agents de l’ONF se mobilisent une nouvelle fois
Un nouveau contrat 2021/2025 État/ONF a été approuvé lors du Conseil d’Administration (CA) de l’ONF du 2 juillet. Il a été signé par les seuls représentants des ministères, tous les autres membres du CA s’y opposant : représentants des personnels, des communes forestières, des régions, de la filière bois, des associations environnementales, du monde de la chasse…
Ce contrat rencontre une forte opposition des représentants du monde forestier :
– Il ne dote pas l’ONF du nouveau modèle économique jugé par tous indispensable à son avenir ;
– Il ne répond pas aux enjeux actuels et à venir de la forêt publique ;
– Il condamne l’ONF à des suppressions de postes massives (plus de 500 sur les cinq prochaines années) ;
– Il dégrade les conditions de travail des personnels de l’ONF ;- Il réclame une contribution additionnelle aux communes.
En septembre, 75 députés de tous bords ont écrit au ministre de l’Agriculture pour déplorer que ce contrat soit « un nouveau coup porté à l’ONF et ses effectifs ».
L’intersyndicale des personnels de l’ONF appelle à une manifestation nationale jeudi 25 novembre à Paris.
Une fois de plus, l’État s’acharne à détruite un service public en multipliant les intérimaires, en augmentant les charges de travail et en mettant en souffrance les personnels. La rentabilité immédiate à tout prix, peu importe les conséquences humaines et écologiques !
On peut signer la pétition « Non à la privatisation de l’ONF » sur :