
Combien de Kurdes pour une place dans l’OTAN?
L'adhésion de la Finlande et de la Suède à l'OTAN est l'objet d'un ignoble marchandage initié par Erdogan et approuvé par la France.

OTAN
L’adhésion de la Finlande et de la Suède à l’OTAN est l’objet d’un ignoble marchandage initié par Erdogan et approuvé par la France.
Conséquence de l’agression de la Russie contre l’Ukraine, la Suède et la Finlande, qui jusque-là étaient le symbole de la neutralité et du pacifisme, viennent de demander leur adhésion à l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord sous commandement états-uniens. Pour cela l’accord unanime des Pays de l’OTAN est nécessaire. La Turquie pose dans un premier temps son veto. Et puis, sous la pression des occidentaux, il propose à ces deux pays de lui livrer les Kurdes qui bénéficient aujourd’hui du droit d’asile dans leur pays d’adoption. Erdogan s’est dit convaincu d’obtenir le renvoi en Turquie « des terroristes » réfugiés en Finlande et en Suède. Il répète à l’envi et sans être démenti par les pays concernés « ils les renverront, ils l’ont promis. Cela figure dans des documents écrits. Ils tiendront leur promesse. »
Quels terroristes ?
Il s’agit des combattants kurdes de Syrie (du PYD, de l’YPG et de l’YPJ) des alliés auxquels avaient fait appel les États-Unis et l’Union européenne dans la lutte contre les (vrais) terroristes de Daech en Syrie. Les héros et les héroïnes de Kobane, infligeant leur première défaite à l’État islamique. Ceux qui ont permis de sauver 200 000 personnes de la minorité Yézidie menacée de génocide par la milice islamiste en Irak. Ceux qui ont été les cibles de l’offensive militaire de l’armée turque et du groupe djihadiste émanation d’Al-Qaïda dans le nord de la Syrie. Lachés par Donald Trump à l’époque, ce sont maintenant les dirigeants européens qui piétinent leurs « valeurs » pour renforcer à tout prix l’Alliance militaire transatlantique. Loin d’avoir été offusqués par cet abaissement des autorités de Stockholm et d’Helsinky, tant Joe Biden qu’Emmanuel Macron ont tenu à remercier le président turc d’avoir accepté -à ses conditions- le nouvel élargissement de l’OTAN.
Comme dit Francis Wurst : « Ainsi va le monde libre… »
Jacques Pumaréda