
Collioure et le Fort Saint-Elme

La balade du randonneur. Le P.O.T Rando’ Club(*) vous invite dimanche le 9 octobre 2022 à faire une balade.
Durée : 4h15. Dénivelé : 620 m. Difficulté : moyen. Conditions : licence annuelle 35 euros ou assurance journalière 3 euros. Repas grillade : apporter apéro, vin, eau, viande… Départ : 8h30 au parking de la piscine du Moulin à Vent à Perpignan.
Un peu d’histoire…

Durant toute l’époque médiévale le port de Collioure fut le débarcadère de Perpignan et du Roussillon parce qu’étant le seul mouillage abrité de la côte. En un temps où la voie maritime était souvent le moyen de communication le plus pratique et le plus rapide, les ports étaient d’une importance capitale.
Collioure possédait alors non seulement de nombreux bateaux de pêche mais encore une flotte de commerce fréquentant tout le pourtour du bassin méditerranéen. C’est là que débarquaient aussi troupes, vivres et munitions destinés à la défense de la province, l’escadre elle-même y était souvent ancrée.
Ainsi des impératifs économiques et stratégiques expliquaient l’absolue nécessité de fortifier la ville et de la maintenir en état de défense. De port marchand actif jusqu’au XVIIème siècle, Collioure se transformera par la suite en port de guerre; la nouvelle agglomération deviendra une forteresse.

En 1538, Charles Quint vint inspecter la frontière et, à la suite de cette visite, on renforça la protection extérieure de la place dont la faiblesse était précisément de pouvoir être bombardé à partir des collines environnantes qui la dominent.
Ainsi furent entourées d’une enceinte en forme d’étoile, au nord, la tour Ste-Thérèse (remplacée plus tard par le fort Mirador) et au sud, la tour Saint-Elme. Le nom proviendrait de la corruption de St-Erasme qui était le protecteur des marins .Une tour à signaux s’élevait au XIVe s à cet emplacement, on l’appelait la Guardia.

A la fois donjon et citadelle elle dominait la ville et le port. Bâtie à un endroit exceptionnel elle en interdit l’approche par le sud et en assure la surveillance des côtes.
A l’époque de la révolution française, le fort St- Elme va jouer par deux fois un rôle déterminant pour le contrôle de Collioure. D’abord le 20 12 1793, lorsque l’armée espagnole sous la férule du général Ricardos s’empare du fort, suite à la trahison du commandant de la garnison Dufour qui se rend sans combattre. Cette action entraîne la reddition du général Delattre chef des troupes de la République à Collioure.

Ensuite l’année suivante au mois de mai 1794, lorsque le général Dugommier arrive de Toulon, qui a été repris en décembre 1793, avec des troupes nombreuses, aguerries et du matériel. Jugeant le dispositif défensif nord inexpugnable, il décide d’attaquer le St-Elme par le sud.
Il fait débarquer son artillerie de siège à Paulilles et réussit à la mettre en position au-dessus du fort. Un déluge de feux s’abat sur le fort pendant plusieurs jours contraignant les occupants à l’évacuer. La prise de celui- ci entraîne la reddition du général Navarro commandant de la place de Collioure. Le fort St Elme fut rebaptisé fort du Rocher.
Déclassé, ayant perdu toute importance stratégique, le fort redevenu St-Elme est vendu en 1913 à un particulier.
Notre-Dame de Consolation
L’origine de ce sanctuaire est attribuée à l’invention d’une image de Marie, entre la grotte et la fontaine bleue proches, par un esclave d’un seigneur des parages. En 1856, le Père Barrère a mis cette tradition par écrit dans une relation.
Au cours de ses recherches sur Consolation, A.-F. Mare en a trouvé la première mention en 1292 dans un document faisant état de sa possession, de moulins et de terres.

En 1432, son ermite, Laurent Prats, reçoit une terre inculte. En 1496 la veuve du seigneur de Tatzo d’Amunt, Jacqueline Giner, lègue « une meitadella » d’huile, soit 94 centilitres, à Sainte-Marie de Consolation. Charles Vilatenim lui fait à son tour un legs en 1546.
Pour une courte durée, des religieux franciscains s’y installent de 1582 à 1585.Succédant au frère François Passa (1632), Jean Bordas y exerce la fonction d’ermite en 1657 lors de la visite du Père Camos. En 1732, une foire se tient à Consolation en présence des consuls de Collioure.Le conseil municipal y nomme encore des marguilliers en 1790, ce qui semble indiquer que l’ermitage n’a pas souffert de la Révolution. Comme les autres, il fut cependant vendu en 1791 aux sieurs Delhom et Carrière d’Elne, Ferrand père et fils de Villelongue de la Salanque, Jacques Xinxet de Collioure, pour la somme de 35.000 francs.

En 1804, le notaire Xinxet le revend à 79 copropriétaires qui nomment sept « pavordes » en 1805 et prennent des dispositions adéquates pour qu’i demeure toujours propriété commune (leurs descendants, hormis les filles, en constituent aujourd’hui le Conseil d’Administration composé de 35 membres en 1967).En 1811 : créations de cuisines et aménagements des abords : esplanades, murettes, terrasses.
L’édifice actuel de la chapelle est une reconstruction de la fin du XVIIe et du début du XVIIIe siècle avec des arcs diaphragmes surbaissés. L’agrandissement opéré sur la gauche de la nef abrite l’autel du Christ et celui de Saint Ferréol. Sur le côté droit, le passage extérieur avec voûte et arcades date de la même époque. Avec ses colonnes corinthiennes, le retable du maitre autel date de 1840. Sa mise en place a supprimé « le cambril » mentionné en 1663 qui renfermait, auparavant, les vêtements dont on parait autrefois l’image de la Vierge.L’édifice contient une collection d’ex-voto datant du XIXe.
Aplecs : 8 septembre, fête de la Nativité de la Vierge (procession).

Les armes de Collioure se blasonnent ainsi : D’azur au château d’or, ouvert et ajouré du champ, maçonné de sable, soutenu d’une mer d’argent ombrée aussi d’azur. La devise de la ville, « Cui Dominus Contulit Splendore », signifie « Dieu lui donna la splendeur ». C’est une citation tirée de la bible évoquant Judith.
Pour se renseigner, tél à : Jean-François 04 68 56 81 03 / 06 20 40 63 05
Jean-François Menny
(*) Le Perpignan Omnisport des Travailleurs-es, association affiliée à la F.S.G.T.