Collège Jean Moulin. L’austérité contre l’innovation

Collège Jean Moulin. L’austérité contre l’innovation

Enseignants et parents d’élèves s’insurgent au collège Jean Moulin. Ils étaient 75 % en grève le jeudi 27 janvier. Ils contestent la baisse des moyens alloués. Et ils ne comptent pas s’arrêter là. Une pétition* circule et d’autres actions sont prévues.

Maryse Martinez et Claudine Coste ont dénoncé ce recul et ce manque d’ambition. 

Enseignants et parents d’élèves s’insurgent au collège Jean Moulin. Ils étaient 75 % en grève le jeudi 27 janvier. Ils contestent la baisse des moyens alloués. Et ils ne comptent pas s’arrêter là. Une pétition* circule et d’autres actions sont prévues. .

Situé dans le quartier Saint Jacques de Perpignan, le collège Jean Moulin accueille aujourd’hui un peu plus de 700 élèves du secteur centre. « Historiquement quartier de relégation sociale, …, Saint Jacques figure encore aujourd’hui parmi les trois quartiers les plus pauvres de France » rappelle le document des enseignants en colère. Parmi ces élèves, entre 70 et 80 viennent d’autres quartiers, grâce à des dérogations et grâce à des enseignements spécifiques et originaux. Principalement une section rugby, une section musique CHAM en lien avec le conservatoire, une filière bilingue catalan…

 « Notre quartier est un quartier très pauvre »

Après les professeurs, une centaine d’élèves au total y font vivre une mixité sociale dynamique et structurante. Les élèves gitans y sont accueillis avec des moyens spécifiques, des personnels et des moyens supplémentaires pour faire reculer la fatalité et l’absentéisme. Ils viennent tous de l’école primaire La Miranda, et sont souvent la deuxième génération bénéficiant de cet accueil. Ce dispositif volontariste a prouvé au cours des ans, son efficacité. Les mères gitanes, elles même déjà scolarisées dans l’établissement, poussent à la scolarisation de leurs enfants, parfois contre vents et marées, et contre les pères. « Cela reste tous les jours un combat  » précise Claudine Coste, enseignante au collège. Précisément, il y a donc une sorte de « Sas d’arrivée  », avec un professeur des écoles à temps plein, des interventions ( 54 h au total) de différents professeurs  et des AESH*. « Lentement, on travaille à faire avancer certaines choses chez ces élèves, patiemment, avant de les intégrer dans les classes habituelles ». L’expérience est concluante et elle vient de loin. 

Ce dispositif est remis en question, profitant du contexte de crise 

« Dès 1991, un dispositif GES (groupe d’enseignement spécifique) est créé pour essayer de sauver le collège alors déserté en raison de troubles majeurs causés par ces élèves scolarisés sans projet réfléchi et adapté. En 1992, le projet reçoit l’approbation du ministère ». Le principal de l’époque, Landric, et la coordinatrice ZEP, Maryse Martinez y ont tenu un rôle moteur fondamental. Or, la suppression de ce dispositif GES est aujourd’hui à l’ordre du jour. Les élèves absentéistes sont purement et simplement rayés des listes. De nombreux élèves de CM2 ont « disparu » (19). Et on reproche au GES son caractère communautariste ! C’est bien pratique. « La belle idée de l’inclusion, concept très politique actuellement, est avancé comme argument ultime ! » remarquent les enseignants. On réduit la DHG* (voir encadré), et le nombre de dérogations utiles au fonctionnement est réduit, passant de 70 à 20. « Maintenant, si rien n’évolue, les élèves seront traités comme les autres. Pour eux, cela signifiera de la maltraitance. En échec, ils ne viendront plus ! Tout cela au nom de l’Inclusion ! » déplore Claudine Coste, la professeure des écoles du dispositif. 

Michel Marc

* pétition: https://chng.it/zCCgHTbb

*AESH Aide aux élèves en situation de handicap

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