Clichés et paradoxes à propos des USA

Clichés et paradoxes à propos des USA

Christophe Deroubaix, journaliste à L’Humanité, en conférence à l’UPTC, décrivait la réalité contradictoire d’un pays « en état de sécession. »

Christophe Deroubaix, journaliste à L’Humanité, en conférence à l’UPTC,  décrivait la réalité contradictoire d’un pays « en état de sécession. »

Journaliste à L’Humanité et fin connaisseur des USA, Christophe Deroubaix débutait sa conférence à l’UPTC par une question : « Pourquoi tant d’idées reçues et de clichés négatifs à propos des États-Unis ? » Son propos tendait à démolir ces stéréotypes et pointer les contradictions qui traversent ce pays. Exemples de clichés : « Les USA, un pays anti impôts », ou, « un pays pour la peine de mort. » Or, c’est le premier pays qui, en 1917, a voté la progressivité de l’impôt, c’était 70 %, puis 93 %. Mais avec Reagan la tendance s’est inversée.

Quant à la peine de mort (abolie au Michigan dès 1846), il y a aujourd’hui de moins en moins de condamnations.

Les USA un pays de droite ? Christophe Deroubaix note que sur huit élections présidentielles ayant eu lieu depuis la guerre froide les Républicains ont été minoritaires sept fois. « Mais il y a le système du collège électoral!» Cependant, ce qui frappe le plus actuellement, c’est, depuis 30 ans, la polarisation, « un pays en état de sécession ». « Il existe deux pays politiques, les électeurs démocrates sont de plus en plus à gauche, les électeurs républicains de plus en plus à droite. » Même si la ligne de partage entre les deux partis n’est pas si nette, cela crée d’énormes disparités entre états. Ainsi le salaire minimum est de 7 dollars au Texas et de 15 en Californie, le droit à l’avortement est mis en cause dans plusieurs états.

Une démocratie en panne

Cette polarisation provient des fortes inégalités sociales, des différentes immigrations, elle s’accentue avec les discours anti immigration de Trump.

La question raciale, omniprésente, intervient dans la fracture du pays. La loi sur les droits civiques est signée par Lyndon Johnson en 1965 mais le socle des Républicains reste la politique raciste.

En 1960 Kennedy est élu notamment par le Sud démocrate, en 2008, tout le Sud vire Républicain.

Les adhérents républicains sont vieillissants, racistes, les électeurs de Trump sont peu diplômés et à hauts revenus, les Démocrates représentent la jeunesse dont beaucoup de jeunes femmes hyper diplômées.

Le problème vient des institutions américaines qui sont des filtres. Le système du collège électoral, le Sénat où sont sur-représentés les états ruraux qui bloquent l’expression des Américains favorables aux mesures de progrès. Autant de verrous auxquels Biden est confronté.

Il y a une gauche aux USA celle des droits civiques, du féminisme…des mouvements comme Occupied Wall Street, Black Lives Matter… Autour de Bernie Sanders on voit beaucoup de jeunes qui n’ont pas grandi dans la guerre froide.

Trump agrège des forces déclinantes sociologiquement mais il garde une puissance politique.

Que réservera l’avenir ?

Nicole Gaspon

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