Claude Simon inattendu

Claude Simon inattendu

©LucA. Un paravent de Claude Simon. 

Musée de Collioure. Avant sa clôture, le 19 septembre, on peut encore découvrir à Collioure l’exposition Claude Simon, de l’image à l’écriture, qui révèle la formation de l’auteur aux arts plastiques et la matière dont elle a irrigué son œuvre littéraire.

Depuis le 3 juin et pour quelques jours encore, Claude Simon est à l’honneur à Collioure. Avec, au Musée, la touchante et remarquable exposition Claude Simon, de l’image à l’écriture, et d’autres évocations à la médiathèque. Claude Simon, né à Madagascar en 1913, arrivé en France en juin 1914, n’a pas encore un an lorsque son père, capitaine dans l’infanterie coloniale est tué sur le front des Flandres. Quand sa mère meurt d’un cancer, il n’a que onze ans ; il est alors pensionnaire à Paris au Collège Stanislas. Au printemps 1932, il entre aux Beaux-Arts. Les années qui suivent, avec sa compagne Renée Clog, il partage son temps entre Paris et Collioure où ils passent leur temps à peindre et se lient d’amitié avec Louis Montargès, patron pêcheur, chef de la cellule communiste. A Paris, ils fréquentent André Lhote, l’atelier François Desnoyer et découvrent Picasso. En même temps, Claude s’initie à la photographie argentique. Ayant abandonné Collioure en 1944, il vit ensuite avec Yvonne Ducuing, peintre et sculptrice. Inspirations croisées. 

Photographies, collages flamboyants ont alimenté l’inspiration littéraire

©LucA. Détails d’un paravent.

Les photographies de Claude Simon surprennent. D’une grande qualité technique, elles montrent des murs chargés de graffitis, des pierres et arbres flottés. Des personnages aussi, dans des poses insolites, des portraits de gitans de Perpignan. On est proche du surréalisme.

Avec les collages, faits de papiers découpés et punaisés, un panneau et trois paravents, c’est selon Mireille Calle-Gruber, « le règne du hasard et des harmoniques ». A la fois insolite et somptueux. Citations de maîtres, morceaux épars, variations qui semblent sans fin. Des collages d’Yvonne Ducuing, quelques tableaux d’amis comme Rauschenberg, apportent leur présence et leur proximité.

Tout cela alimente l’œuvre littéraire et s’y mêle. Ainsi La route des Flandres, écrit vingt ans après la débâcle vécue, devient mosaïque d’images. Mémoire et tentative de restitution qui marque l’écriture de l’écrivain, en compose l’originalité. L’un des moments forts de l‘exposition est le Grand Plan de montage de cet ouvrage. Méthodique et rigoureux, il se structure dans un dispositif de couleurs et de bandelettes de papier amovibles absolument impressionnant. Une exposition et mise en valeur des œuvres enrichissantes. Courez-y vite.

« Claude Simon, de l’image à l’écriture ».
Musée d’art moderne de Collioure, Villa Pams – Route de Port-Vendres 66190 Collioure 
Tél : 04 68 82 10 19.
Ouvert de 10h à 12h et de 14h à 18h.

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