Charlie, 10 ans après…

Charlie, 10 ans après…

À l’initiative du conseil des étudiants (CDE) et de l’association « Génération Charlie », qui promeut les valeurs de Charlie Hebdo, l’UPVD accueillait le jeudi 13 février, la rédaction de Charlie Hebdo pour une conférence intitulée « La liberté d’expression en France en 2025 ».


À l’initiative du conseil des étudiants (CDE) et de l’association « Génération Charlie », qui promeut les valeurs de Charlie Hebdo, l’UPVD accueillait le jeudi 13 février, la rédaction de Charlie Hebdo pour une conférence intitulée « La liberté d’expression en France en 2025 ».

Les étudiants étaient venus nombreux, quelques têtes blanches se mêlaient à eux, pour une rencontre prometteuse. Riss, directeur de l’hebdomadaire satirique, était vivement attendu, avec son acolyte Juin, qui ne sera pas avare en dessins projetés tout au long de la rencontre qui durera plus de deux heures.

Le sourire est discret, réservé, presque timide, mais au-delà de sa réputation de taiseux, Riss montre une détermination et une vigueur qui forcent le respect.

Après avoir retracé à grands traits l’histoire du journal, Riss entre dans le vif. L’essence même du journal est ainsi évoquée : « qu’est-ce qu’on va dessiner et dire, que les autres ne font pas ? »

La transmission, un élément décisif dans les propos de Riss :

« Après les attentats, ce qui a changé, c’est qu’il n’y avait plus de journal. Reconstruire en quelques mois, repartir de presque zéro, créer un journal qui perdurerait au-delà de notre génération… »

« Beaucoup d’années d’illusions se sont effondrées en janvier 2015. Pour nous, ceux qui restaient, il était impensable qu’un journal disparaisse sous les coups d’individus totalitaires. Il fallait aussi qu’on assume ce qu’on avait été. On a continué à faire ce qu’on aimait, c’est-à-dire un journal satirique. »

Être ou ne pas être Charlie ?

Toutes et tous ne sont pas « Charlie » dans l’amphi. Le traitement des viols de Mazan a pu choquer, c’est dit ! Le fait religieux fut beaucoup questionné aussi, et Riss affirme : « la critique du pouvoir politique et spirituel de toutes les religions est fondamentale. Dans une démocratie, rien n’est absolu, et la vie démocratique ne peut se développer tant qu’on n’a pas circonscrit les religions… toute revendication religieuse est discutable alors même que la liberté de conscience est essentielle. » 

Répondant avec rigueur et sincérité à toutes les questions des étudiants, sans se départir d’une certaine légèreté, Riss précise : « la caricature exagère les situations pour attirer l’attention, provoquer la curiosité, l’indignation, bousculer … »

Pour conclure, à la question : «  être Charlie aujourd’hui c’est quoi? », Riss répond : « c’est essayer d’être le plus libre possible… Je n’accepterai pas de vivre en baissant la tête… »

Evelyne Bordet

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