C’est reparti !

C’est reparti !

En octobre dernier, un incident grave intervenait pendant la compétition. Des procédures expéditives et des sanctions suivaient, et la saison était tronquée. Aujourd’hui, des questions demeurent.

FLHV Rugby

En octobre dernier, un incident grave intervenait pendant la compétition. Des procédures expéditives et des sanctions suivaient, et la saison était tronquée. Aujourd’hui, des questions demeurent.

Lors du deuxième match de l’équipe seniors du FLHV, bien après le coup de sifflet qui mettait fin à un match perdu sans embrouilles, l’incident éclatait. C’était à Coursan. À la buvette et du haut des praticables (petites tribunes) des insultes racistes étaient proférées alors que la moitié des équipes était déjà rentrées au vestiaire. Une partie du public s’en prenait ouvertement aux « arabes » du Foyer. S’en suivait un affrontement qui tournait au lynchage. L’arrivée des forces de l’ordre parvenait à stopper l’agression. Neuf joueurs étaient blessés et transportés aux urgences. L’un d’entre eux, l’entraîneur, Kader, y a séjourné plus longtemps avec quelques dents, la pommette et le nez cassés. Au sol, il a reçu plusieurs coups de pieds dans la tête.  Voilà pour les faits. Le FLHV portait plainte.

Des procédures à questionner

L’autorité régionale du rugby, la ligue Occitanie, prononçait très vite les sanctions contre les deux clubs, les renvoyant dos à dos. Comme « Il faut être deux pour se battre », ce fut donc des points en moins, une amende et une suspension de terrain, avec sursis pour le FLHV. Refusant la sanction, Benoît Castanedo, le président du club, avec l’aval de son bureau, faisait appel auprès de la fédération, la FFR. Bilan, au nom de l’intérêt supérieur du rugby, les deux équipes seront exclues pour la saison. « Jamais la question du racisme n’a été retenue dans les attendus » nous précise Anthony Carrère. Le club saisit alors le CNOSF (comité olympique) qui recommande, après audition, la réintégration du club. La FFR ne s’y conforme pas. Le FLHV ne lâche pas l’affaire et la porte devant le Tribunal Administratif (T.A). Le T.A donne raison au club et la FFR doit s’y conformer. Le club rejoue donc depuis quelques semaines. Des jeunes joueurs sont partis jouer ailleurs, ce qui est bien normal, et ne peuvent revenir, ce qui l’est moins.   

Le racisme sur les terrains de rugby, sujet tabou pour la FFR ?

L’enquête de gendarmerie est en cours, dans l’Aude. Elle dira ses conclusions. Plusieurs témoignages confirment le caractère raciste de l’agression.  « Mais le problème n’est pas vraiment réglé. C’est nouveau, mais on sent aujourd’hui des crispations autour des terrains quand nous jouons avec nos jeunes où se mélangent gaiement des arabes, des gitans, des noirs et des blancs, avec nos équipes « Benetton », bigarrées. Le racisme semble se décomplexer, même si le phénomène reste encore minime. Nous aurions tort de ne pas le prendre au sérieux. Nous ne sommes pas à l’abri ». En attendant, les 320 licenciés du club continuent à pratiquer, avec une belle équipe de cadets, l’école de rugby, les seniors, les tout petits et tous les autres.

Michel Marc

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