
Cafouillage à tous les étages !

Vaccination. Face au retard pris, les élus locaux montent au créneau et réclament à l’État de pouvoir y prendre toute leur part. Le gouvernement, lui, patine et se tourne vers des cabinets privés.
Cafouillage sur les masques, retard sur les tests et les vaccins. À chaque étape décisive de la lutte contre la Covid-19, on navigue à vue. A la tête du pays depuis plus de trois ans et demi, coup de gueule du président qui se défausse sur les services de l’État ! Alors qu’il est seul maître à bord au conseil de défense où tout procède de lui et non plus du Conseil des ministres et encore moins du Parlement, ce fiasco est le sien.
Les collectivités sur la touche
Depuis des mois le Parti communiste propose de créer un comité de suivi et d’action national associant services de santé, chercheurs, parlementaires, maires et présidents de région, garantissant une coordination nationale gage de l’égalité des citoyens devant la santé. Les collectivités, essentielles dans la gestion de la crise au quotidien depuis l’irruption du virus, s’irritent d’être encore exclues alors qu’elles sont prêtes à intensifier les vaccinations.
Cabinets privés et plagiat de démocratie participative
Les rapports parlementaires sur l’échec de la campagne de vaccination contre le H1N1, en 2009 et 2010, avaient pourtant identifié l’insuffisante association des collectivités comme l’un des principaux facteurs du fiasco. Malgré l’affirmation du chef de l’État, en début de pandémie, de placer notre santé « en dehors des lois du marché », pas moins de quatre cabinets privés, la plupart étrangers – Accenture, Citwel, JLL et McKinsey – ont été recrutés à prix d’or pour accompagner le gouvernement dans la campagne de vaccination. La dépense pour le seul cabinet privé nord-américain McKinsey s’élève à 2 millions par mois.
Le ridicule ne tue pas quand ressort du chapeau un conseil de 35 citoyens tirés au sort, qui doit « proposer des mesures d’accompagnement en vue de favoriser de manière objective l’acceptabilité du vaccin ». Après avoir si malmené la Convention citoyenne pour le climat, l’enfumage continue. Trente-cinq personnes ne possédant aucune compétence sur la question chargées de donner leur avis à des politiques qui ont démontré leur incompétence, il fallait y penser.
Où, quand et comment serons-nous vaccinés ?
Selon l’épidémiologiste Arnaud Fontanet, il faudrait que 5 à 10 millions de personnes soient vaccinées d’ici fin mars pour que se dessine un premier impact. Alors, même si Olivier Véran reconnaît que la stratégie gouvernementale sur les vaccins a été « un peu trop défensive », ne laissons pas croire que l’impuissance serait imputable aux citoyens réfractaires ! Gouverner, ce n’est pas prendre acte d’un état de fait ou des avis d’experts ! C’est d’abord anticiper pour construire démocratiquement des réponses cohérentes. Il s’agit aujourd’hui de présenter et diffuser largement auprès de la population une stratégie de vaccination claire, fiable, réaliste permettant à chacun.e de s’informer et décider de manière responsable de se faire vacciner ou pas.