Bravo les nins !

Bravo les nins !

(c) DR facebook DC.
Damien Chouly encadre les JIFF..

Rugby. Avec 14 jeunes joueurs formés au club, l’USAP s’impose à Béziers (14-19). En poche un billet pour la demi à casa.

C’est quoi un JIFF maman ? Tais-toi ! Mais maman ! Arrête Kevin sinon je t’en colle une paire. Un JIFF, Kevin, est un Joueur Issu des Filières de Formation.
Il a passé au moins trois saisons en centre de formation d’un club de rugby pro entre ses 16 et 21 ans, ou a été licencié pendant au moins cinq saisons à la FFR avant ses 21 ans. Le but de cette catégorie? Éviter que trop de joueurs étrangers ne débarquent dans les championnats pro en France et prennent la place de joueurs français, ce qui affaiblirait l’équipe de France. Or pour la saison 2020-2021, en Pro D2, chaque club doit aligner une moyenne de 16 JIFF par match. Avant la rencontre de Béziers, l’USAP affichait une moyenne de 16,04 JIFF. Très limite ! À augmenter au plus vite sachant que, lors des phases finales, certains non JIFF sont indispensables au sein de l’équipe. Le non respect de ce quota se traduirait par une pénalité de 4 points minimum au démarrage de la saison suivante et un manque à gagner de l’ordre de 200 000 euros. Danger !

Tout pour le JIFF

Un voyage de fin d’année à Béziers pour les jeunes de l’USAP. Pourquoi pas, sachant que l’USAP était, avant ce match, quasiment qualifiée pour les demi-finales. Huit joueurs sur vingt-trois de plus de 29 ans, dont Damien Chouly capitaine, pour encadrer une bleusaille d’à peine 20 ans pour certains.
Et c’est parti… en voitures particulières sur l’autoroute. Béziers alignait sa meilleure équipe ou presque. Une défaite de l’USAP n’aurait pas eu de graves conséquences à partir du moment où les Catalans présentaient 22 JIFF sur 23. Excellent pour la moyenne !
Peu de supporters catalans misaient, avant la rencontre, sur une victoire des sang et or, surtout à Béziers qui sait toujours se motiver quand il s’agit d’affronter son ennemi héréditaire. Au terme du premier quart d’heure, le score de 14-3 pour les locaux finissait d’anéantir les espoirs des supporters les plus têtus. « On va charger ce soir », pensait l’ensemble de la Catalogne.
Mais « l‘USAP c’est un club de fous », comme le dira après la rencontre Karl Chateau, celui qui, à 29 ans, est considéré comme un ancien.

Ils étaient venus pour jouer

Un quart d’heure aura suffi, à tous ces jeunes, pour se débarrasser de la peur de mal faire et pour asphyxier des Biterrois véritablement surpris par le jeu débridé mais non moins efficace de la jeunesse catalane. Passes sur un pas, prises d’intervalle, en un mot culot de tous ces jeunes qui ont su faire front face à cette équipe héraultaise plus aguerrie, mais particulièrement maladroite et mal inspirée jusqu’à déjouer totalement. « C’est de la fierté pure de voir ces jeunes propulser l’USAP en demi-finale directe » avouera, un trémolo dans la voix, l’entraîneur Patrick Arlettaz.
Officiellement donc l’USAP est en demi-finale qu’elle jouera le 29 mai à Aimé-Giral, en espérant que ce jour-là elle pourra accueillir au moins cinq mille fidèles dans sa Cathédrale. Elle devrait recevoir le vainqueur de Biarritz-Grenoble si elle finit deuxième ou Colomiers-Oyonnax si elle termine en tête la phase régulière. Quel souvenir pour tous ces jeunes (23,7 ans de moyenne d’âge pour cette USAP !) qui ont fortement contribué à la qualification de leur équipe pour la demi, mais surtout qui sont allés vaincre sur les bords de l’Orb, ce que beaucoup de leurs aînés peuvent leur envier. En prime l’USAP leur a offert le maillot de la victoire. Et ça, ça vaut de l’or !
Même si l’USAP est en demi, les joueurs présents n’ont pas fait les choses à moitié.
Fins aviat !

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