
Banyuls-sur-Mer – Notre-Dame de la Salette

La balade du randonneur. Le P.O.T. Rando’ Club(*) vous invite dimanche le 24 avril à faire une balade
Durée : 3h45. Dénivelé : 420 m. Difficulté : moyen. Conditions : licence annuelle 35 euros ou assurance journalière 3 euros. Repas grillade : apporter apéro, vin, eau, viande… Départ : 9h15 au parking de la piscine du Moulin à Vent à Perpignan.
Un peu d’histoire…
Banyuls-sur-Mer – Le joyau de la Côte Vermeille
Ici, sur un lieu chargé d’histoire, se conjuguent parfaitement l’art sculptural de Maillol, la biologie marine du Laboratoire d’Arago et l’un des meilleurs vins de France.
C’est en l’an 981 qu’apparaît la première mention écrite de Banyuls, sous la graphie de Balneum. Le roi de France Lothaire, fils de Louis IV, concédait alors les terres désertiques du lieu au comte d’Empuries-Roussillon.
Un siècle plus tard, le nom est modifié, devenant Bannils de Maritimo, sans doute pour différencier de l’autre Banyuls, Banyuls dels Aspres. En 1674, le lieu se nomme Banyuls del Marenda.

En toponymie, le nom de Banyuls renvoie toujours à la présence d’un étang. Il s’agit ici de la Bassa, un marécage formé par l’embouchure de la rivière Baillaury (anciennement Vallauria) et qui fut asséché en 1872. Quant au terme Marenda, il ne s’agirait pas de l’équivalent de « maritime », contrairement aux idées reçues. Ce toponyme se retrouve en France dans les lieux bien éloignés de la mer, comme en Auvergne par exemple. Ce nom a pu désigner autrefois un marais, plus que le bord de mer.
En ces temps anciens, la population est concentrée tout au long de la vallée de la Baillaury dans un fief incluant le hameau de Cosprons. En 1172, ce fief devient propriété royale mais reste inféodé à un seigneur. Au moment de la Révolution, le dernier seigneur se nomme Pedro de Alcantara y Fernandez de Cordoba.
De la vigne à la photo sous-marine

À Banyuls où la vigne est reine, ce qui frappe le visiteur ce sont les coteaux pentus et morcelés par des terrasses étroites où toute mécanisation est impossible. Et aussi les murettes en schiste, il y en aurait 6000 km sur le territoire, entrecoupées par les canaux d’évacuation d’eaux pluviales selon un schéma dit « peus de gall » (pattes de coq).
Ce qui confère au viticulteur sculpteur un statut spécial dans la corporation. Chaque jour le vigneron a appris à domestiquer davantage cette liane vivace qu’est la vigne afin d’enrichir nos verres de tous les arômes. Leurs vignes, depuis toujours, sont l’objet de soins particuliers, constants et si leur vin est l’un des meilleurs du Roussillon, c’est un juste retour des choses.
C’est en 1882 que le professeur Henri de Lacaze-Duthiers crée à Banyuls sur Mer le Laboratoire de Biologie Marine, appelé Laboratoire Arago. Deux ans plus tard, invité par le professeur, un jeune préparateur à la Faculté des Sciences de Paris, du nom de Louis Boutan, vient à Banyuls effectuer des recherches sur des Mollusques.
Il utilise le scaphandre pour se déplacer dans le milieu où vivent ces animaux. Mais le scaphandre de l’époque est un énorme carcan avec lequel on a du mal à se mouvoir. L’idée lui vient alors d’essayer l’image photographique. Boutan et son frère, ingénieur des Arts et Manufactures, élaborent les plans d’un appareil étanche à l’eau de mer et capable de prendre plusieurs vues sans remonter à la surface.
À cet appareil original est adjoint un système d’éclairage inventé par l’ingénieur électricien Chauffour. Le 17 juin 1893 les expériences ont été couronnées de succès et représentent une première mondiale : ils viennent d’inventer le premier flash sous-marin et cette aventure sera relatée par les revues scientifiques du monde entier.
Notre-Dame de la Salette

Édifiée par Bonaventure Reig en témoignage de sa foi, la chapelle Notre-Dame de la Salette a été inaugurée et bénie le 8 décembre 1865.
Chaque année, le deuxième dimanche de septembre, de nombreux Banyulencs empruntent le petit
chemin abrupt qui monte à Notre Dame de la Salette pour assister à la messe en plein air. Des centaines de cierges illuminent la chapelle et des femmes principalement viennent remercier la Vierge des bienfaits dispensés l’année écoulée.

Elles prient devant l’autel, surmonté de la statue de Notre Dame de la Salette avec, à ses pieds, les deux enfants représentant Maximin Giraud et Mélanie Calvat, les deux bergers de la montagne de la Salette auxquels la Vierge leur est apparue en 1846.
La chapelle étend sa protection sur un très vaste territoire d’où elle est visible de tous et de partout ; de la mer elle sert de repère aux pêcheurs.

Se conformant à une tradition familiale, les Reig de père en fils n’ont eu de cesse tout au long de ce siècle, d’agrandir le domaine de la Serra, acquérant parcelle après parcelle toutes les terres du Val Pompo depuis les crêtes jusqu’au fond de la vallée et aux abords de Banyuls-sur-Mer.
Lorsque Paul Reig meurt en 1910 sans descendance, il lègue le domaine du Mas de la Serra aux pauvres aux conditions que « la commune de Banyuls-sur-Mer devra conserver au culte catholique, la chapelle du domaine, Notre Dame de la Salette, et y faire célébrer une messe à l’anniversaire du décès de mon père, de ma mère, de mes frères et de mes sœurs, de ma femme et de moi-même ».

C’est ainsi qu’avec l’héritage Reig, le CCAS (Centre Communal d’Action Sociale, ancien bureau d’aide social) est devenu un des plus grands propriétaires fonciers du village exploitant 25 ha de vigne. Le Mas de la Serra sera rebaptisé Mas Reig, les rentes, recettes du vin, loyer de terre, des bâtiments et des mas loués en bail emphytéotique constituent la quasi- totalité des revenus du CCAS.
En hommage à Paul Reig, une place de la ville porte son nom ainsi que la maison de retraite. Le CCAS élabore également une cuvée à son nom.
Pour se renseigner, tél à : Jean-François 04 68 56 81 03 / 06 20 40 63 05
Jean-François Menny
(*) Le Perpignan Omnisports des Travailleurs-es, association affiliée à la F.S.G.T.