
Au bal des promus
L’USAP et Biarritz s’imposent face aux deux meilleures équipes de la saison dernière

L’USAP et Biarritz s’imposent face aux deux meilleures équipes de la saison dernière
Faire jouer une journée de championnat alors que son équipe nationale dispute un tournoi international ? Oui c’est le rugby à XV en France. Le seul sport qui présente cette particularité. Mais comment une équipe peut-elle gérer l’absence de ses internationaux ? Très mal si son effectif est relativement modeste à l’image de l’USAP lors des tournées d’automne (Samoans, Tongiens, Argentins absents). Beaucoup mieux si son effectif est plus conséquent. Quoique ! Le Stade Toulousain, au budget colossal, peut présenter une équipe amputée de neuf internationaux mais posséder dans ses rangs des remplaçants qui seraient d’excellents titulaires dans une équipe moins huppée comme par exemple celle de… l’USAP. Les remplaçants de La Rochelle feraient les beaux jours de l’équipe de Biarritz.
La Ligue Nationale de Rugby, ne voulant pas trop désavantager les grosses écuries les envoie, lors de ces doublons, jouer contre les « fifrelins » du championnat. La Rochelle à Biarritz et Toulouse à Perpignan. Des matchs que les cadors du Top 14, même amputés de leurs internationaux, vont remporter haut la main ! Que nenni !
L’USAP écrase de son talent une bonne équipe toulousaine bien que amoindrie (36-13)
Une semaine auparavant, l’USAP avait laissé la victoire aux Lyonnais en oubliant de jouer. Face aux Toulousains, les sang et or démontraient une symbiose rugbystique parfaite entre avants et trois-quarts mais surtout réalisaient une entame et un jeu que d’aucuns ont baptisé jeu à la Toulousaine. C’est dire ! Mener 19 à 3 (3 essais à 0) en moins de 19 minutes n’était pas arrivé aux Catalans depuis belle lurette. Souvenez-vous ! 21 à 0 contre Colomiers après 21 minutes de jeu en play-off… Fa temps ! Trois essais de l’USAP et un rugby qui enflamma le public retrouvé de la Cathédrale. Quasiment aucune fausse note. Des joueurs appliqués et survoltés à l’image du capitaine Mathieu Acebes.
Biarritz s’impose (27-24) quatre minutes après la sirène
Non ce ne fut pas le même scénario qu’à Aimé-Giral. Un jeu beaucoup plus confus, plus haché. À quinze minutes de la fin La Rochelle menait encore (13-24). Rien ne laissait présager une victoire des Biarrots d’autant que les Rochelais paraissaient capables de mieux gérer la fin de match. Faux ! Des erreurs individuelles, une mauvaise gestion, un carton jaune dans les cinq dernières minutes (justifié peut-être mais inutile) et puis, et puis… ce second ballon lancé sur la pelouse lors d’une touche à cinq mètres de l’en-but de La Rochelle. Du jamais vu ! Au fait le match se jouait où ? À Biarritz bien sûr…
De par son engagement Biarritz méritait tout de même la victoire. Mais c’est La Rochelle qui se « bouffe » la feuille de match. Contrairement à Aimé-Giral où l’USAP a étouffé son adversaire toulousain pendant les quatre-vingts minutes de la rencontre.
Ambiance de folie sur les deux stades, à Biarritz pendant le dernier quart d’heure, à Aimé-Giral tout le match. Du stress dans les tribunes à Aguiléra car une défaite du BO aurait condamné les Biarrots à la Pro D2. Du stress dans les tribunes à Aimé-Giral, oui… mais seulement lors des trois dernières minutes, lorsque les Catalans faillirent perdre le bonus offensif suite à une mauvaise gestion des derniers instants du match. Souhaitons au public de la Cathédrale de stresser encore pour ce genre de… détail.
Détail qui n’en fut pas un au cours de cette 17e journée de championnat qui voit l’USAP distancer d’un point supplémentaire (cinq points dorénavant) son adversaire dans la course au maintien. Mais Brive et Toulon commencent, eux aussi, à ressentir les frissons d’une éventuelle relégation. À l’USAP de jouer, et de bien jouer comme elle a su le faire contre les champions de France et d’Europe, pour éviter une fin de saison trop stressante.
Fins aviat !
Jo Solatges