
Arles-sur-Tech (La porte du Haut Vallespir)

La balade du randonneur. Le P.O.T. Rando’ Club(*) vous invite le dimanche 30 janvier à faire une balade.
Durée : 4h30. Dénivelé : 420 m. Difficulté : moyen. Conditions : assurance journalière 3€ pour les non-licenciés. Repas : grillade (apporter apéro, vin, eau, viande…). Départ : 8h30 au parking de la piscine du Moulin à Vent à Perpignan.
Un peu d’histoire…
La ville d’Arles-sur-Tech, au pied du mont Canigou, est située sur la rive gauche du Tech et son emplacement actuel n’est pas son lieu de naissance. En effet si la création de la ville se confond avec celle de la primitive abbaye Sainte-Marie, celle-ci fut fondée vers la fin du VIIIème siècle sur le site des anciens thermes romains dits « Els Banys d’Arles » soit l’actuel ville d’Amélie-les-Bains.

Le moine fondateur, Castellanus, qui fuyait les persécutions arabes, trouva ici un refuge sur ces terres récemment libérées. A la fin du IXème siècle, le siège du monastère fut transféré par l’abbé Suniefred sur le site de l’actuelle ville d’Arles. Cette abbaye, qui est le plus ancien monastère bénédictin des pays catalans fondé après la libération de l’occupation arabe, gagna rapidement en prospérité, grâce à la protection des comtes de Cerdagne puis de Besalu et elle devint la seconde plus importante du pays, après St-Michel-de-Cuxa.
Le site choisi n’était pas le fruit du hasard mais l’affirmation du contrôle exercé par l’abbaye sur les zones d’exploitation du minerai de fer dont les flancs du Canigou regorgent. L’extraction du fer dans la haute vallée du Riuferrer (rivière du fer) était déjà, à l’époque romaine, une activité reconnue. L’abondance de débris de poteries et d’amphores souvent mêlés aux scories de minerai prouve que l’extraction et le traitement du fer s’effectuaient sur les rives du Riuferrer.

Jusqu’à la Révolution, ce sont les moines qui accordent les concessions minières aux maîtres de forge et ceux-ci installent leurs ateliers de fonte de minerai et du forgeage de fer sur les lieux mêmes d’extraction, à proximité de sites boisés. Car il faut beaucoup de bois pour produire du fer mais on tire parti des zones déboisées qui deviennent des pâtures pour l’élevage des moutons dont on utilisera la laine.
La vie au quotidien, pour un homme du Moyen Age, se partage entre la culture d’un petit lopin de terre, le travail à la mine ou la forge et, en hiver, le filage de la laine et le tissage sur de petits métiers familiaux.
Le travail du fer reste le moteur principal de l’économie depuis l’Antiquité et cette activité va croître plus encore vers le milieu du XIXe siècle avec la révolution industrielle. L’exploitation rationnelle va prendre le pas sur l’artisanat avec l’installation de la Société des Mines de Batère.
Le minerai exploité à Batère est véhiculé par un câble aérien de 9km de longueur jusqu’aux fours de grillage qui sont installés dans la ville basse, à proximité de la gare. Au plus fort de l’exploitation, dans les années 20, les quatre fours fonctionnant en continu fournissent 250 tonnes de minerai grillé par jour et ce minerai est acheminé par chemin de fer vers les aciéries de Decazeville. En 1987, devant la pression de la concurrence internationale, la Sté des Mines de Batère met fin à son exploitation et, avec cette rupture, ce sont 2000 ans d’histoire du fer à Arles qui s’évanouissent.
L’eau miraculeuse
En 1910, l’abbé Castre, curé d’Arles, mettant au défi les libres penseurs d’expliquer la présence permanente d’eau dans un sarcophage, offrait une prime de 1.000 francs à qui percerait le mystère. La somme fut déposée chez un notaire d’Arles et personne ne l’a réclamée.
Voilà donc une histoire d’eau, qui depuis des décennies, a fait couler beaucoup…d’encre.

À proximité de l’entrée principale de la basilique d’Arles, contre un mur latéral, est posé un sarcophage de pierre qui, tous les ans, produit une eau pure dont on n’explique pas la provenance. Deux théories s’affrontent, la première étant celle des scientifiques qui parlent d’un phénomène de condensation, sans toutefois en démontrer totalement la logique, au vu de la quantité d’eau produite. La seconde est celle des tenants du miracle, confirmée, disent-ils, par les vertus bienfaisantes et curatives.
En 1835, Prosper Mérimée rédige ses « Ses notes d’un voyage dans le Midi de la France » et voici un résumé de ce qu’il écrit : « Autrefois, je ne saurais dire précisément à quelle époque, le territoire d’Arles fut infesté d’une grande quantité de bêtes féroces qui mangeaient les bestiaux et les hommes. La peste vint encore ajouter aux maux qui affligeaient la contrée. Un saint homme nommé Arnulphe, résolut d’aller chercher des reliques à Rome pour guérir l’épidémie et chasser les animaux féroces. Le pape lui permit de choisir parmi les reliques et Arnulphe décida de ramener dans son pays les restes des deux saints, Abdon et Sennen qu’il mit dans un tonneau lui-même enfermé dans un autre beaucoup plus grand et rempli d’eau(…) »

Sur le chemin du retour et à quelques lieues à peine d’Arles, la mule qui transportait le tonneau tomba dans un précipice et la retrouver fut impossible. Désespéré, Arnulphe décida de rentrer dans son village et il fut très surpris d’entendre sonner les cloches et de voir, sur la place de l’église, le peuple à genoux entourant la mule et son tonneau qui avait déjà opéré la guérison des pestiférés et fait déguerpir les bêtes féroces.
Arnulphe tira les reliques de leur tonneau et versa l’eau dans un tombeau vide, pour s’en débarrasser. Un lépreux vint s’y laver et fut guéri en l’instant. D’autres malades vinrent bientôt constater les vertus de cette eau miraculeuse.
Et Prosper Mérimée conclut : « Avertis de sa propriété, les moines du lieu la renfermèrent avec soin et n’en donnèrent que pour l’argent. Elle coûte encore 20 sous la fiole. Mais on n’en donne pas à tout le monde. Il faut en demander en catalan et moi, pour avoir parlé gavatx », j’ai eu le chagrin d’être refusé.
Et l’eau coule toujours de la Sainte Tombe d’Arles-sur-Tech…
Pour se renseigner, tél à : Jean-François 04 68 56 81 03 / 06 20 40 63 05
(*) Le Perpignan Omnisports des Travailleurs-es, association affiliée à la F.S.G.T.
Jean-François Menny