Arbres et sols, les inséparables

Arbres et sols, les inséparables

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Gérard Le Puill à propos de son dernier livre, « Choses apprises en 2020 ».

Agroécologie. Pour imaginer un rapport vertueux entre la nature et l’humain, rien de plus utile que de lire le dernier livre de Gérard Le Puill « Choses apprises en 2020 ». Paroles d’auteur.

Comment, avez-vous vécu les mutations de l’agriculture depuis les années 1960 ?

J’ai travaillé dix ans sur la ferme tenue par mes parents en Bretagne. Toute la nourriture des vaches et des porcs était produite sur l’exploitation. Je suis parti travailler en usine en 1965. Mon frère a ensuite succédé à mon père pour ne produire que du lait. L’agriculture bretonne a surtout produit du porc, de la volaille et du lait de vache avec du volume pour être compétitive. En ne produisant qu’une partie de la nourriture du bétail, les éleveurs se sont fait prendre dans la seringue. Ces derniers mois, le kilo de viande de porc payé aux éleveurs a baissé de 25% pour tomber à 1,20 €. Celui des tourteaux de soja achetés pour les nourrir est passé de 320 à 422 € la tonne !

Quelles propositions alternatives face à l’agriculture intensive ?

Ma rédactionnelle pratique de militant ouvrier m’a permis de devenir journaliste en 1983 quand l’usine de pneus qui m’employait a été fermée par Michelin. Depuis, je n’ai cessé d’écrire sur l’agriculture dans l’Humanité, dans La Terre, qui reparaît en revue trimestrielle. J’ai aussi écrit quatre livres sur le sujet depuis 2008. Je résumerai mes propositions en deux mots : agroécologie et agroforesterie. L’agroécologie consiste à faire travailler la nature de manière intelligente, comme par exemple mélanger du trèfle et du ray-grass pour faire pousser l’herbe sans engrais azotés. L’agroforesterie permet d’ajouter les récoltes d’une cinquantaine d’arbres par hectare à celle d’une culture au sol. En Occitanie ça peut être des oliviers, des amandiers, des noyers, voire du bois d’œuvre pour plus tard.

En quoi ces propositions sont-elles applicables du producteur au consommateur face à la grande distribution ?

Encore des exemples. Les petites coopératives de la filière du comté paient le litre de lait 55 centimes au départ de la ferme contre 33 centimes pour Lactalis et d’autres dans le reste du pays. Les producteurs Francs-Comtois respectent un cahier des charges avec deux races bovines, des aliments non fermentés, une maîtrise des volumes. Les grandes surfaces doivent mettre le prix pour avoir ce fromage savoureux en rayon. Dans les légumes  de conserve, la firme Bonduelle passe des accords de même nature avec des maraîchers pour avoir de bons produits. Il faut aussi promouvoir la vente directe pour contraindre Carrefour, Leclerc et les autres à payer le juste prix.


La vidéo de l’enregistrement de la rencontre avec son éditeur, les éditions du Croquant, est diffusée sur la chaîne Youtube

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