
Antoine Sarda, fidèle à ses idéaux

Antoine Sarda à droite avec Miguel Estrella
Récits de vie militante. Communiste dès sa jeunesse, longtemps maire et conseiller général, féru de culture, Antoine Sarda a créé en 1983 le festival d’Estagel.
Fils de viticulteur, né à Tautavel en 1940, Antoine Sarda fait des études à l’Ecole normale d’instituteurs et sitôt sorti, enseigne à Planèzes. Durant son service militaire en Afrique, il découvre le colonialisme. Devenu enseignant au collège d’Estagel, imprégné par l’internationalisme, et la lutte des classes, il adhère en 1970 au parti communiste et en devient un militant actif.
Elu durant de longues années
Reconnu et apprécié par la population du canton de Latour de France, il est brillamment élu conseiller général au premier tour en 1976. L’année suivante, il remporte l’élection municipale d’Estagel et devient le maire de la commune de naissance de François Arago. Il est élu et réélu conseiller général pendant 32 ans et maire d’Estagel pendant 24 ans. « Plus que maire, a dit un de ses camarades de jeunesse, il était le village ».Antoine Sarda aimait beaucoup son travail au Conseil général. Dans ce cadre, plus important encore et passionnant pour lui, fut son rôle, pendant 10 ans, de Vice-président du Conseil général chargé des affaires culturelles.
Le festival d’Estagel
Professeur d’histoire, grand lecteur, féru de culture, Antoine Sarda était fou d’opéra. Et c’était primordial pour lui de faire partager ses goûts. Avec Roger Payrot, son complice, il créa en 1983 le festival d’Estagel. Un événement considérable pour une commune de 2000 habitants. Plusieurs lieux de la ville y étaient consacrés : la halle du collège, la chapelle Saint-Vincent, les jardins. Opéras, théâtre, concerts, poésie, animations et multiples rencontres, à la guinguette, notamment, en étaient le quotidien. En 1990, Guy Jacquet mit en scène La Tosca, avec Daniel Tosi à la baguette. Une autre fois ce fut Danièle Catala pour Lakmé. Le théâtre y accueillit, entre autres, Anne Clément. Roger Payrot écrivit des pièces qui y furent jouées. En 1991 ce fut l’année Mozart. Les spectateurs, habitants des Pyrénées-Orientales mais aussi vacanciers très nombreux, s’y pressaient, et on refusait des places.
Soutien des viticulteurs, fin connaisseur du vin et du vignoble
Antoine Sarda était aussi un défenseur inconditionnel de la viticulture, et plus particulièrement des viticulteurs de la vallée de l’Agly. Grâce à la connaissance qu’il en avait il savait aussi en assurer la promotion. Avec ses camarades communistes, il passait de longues heures à réfléchir, à disserter sur l’action publique, sur le militantisme. Il contribuait à alimenter Le Travailleur Aglyan, journal de la section du parti communiste. Lors de ses obsèques, en 2014, son camarade et ami Dominique Poirot, rappelant la manière dont Antoine parlait d’Arago, de Jean Ferrat ou de Robespierre, évoquait le militant actif qui, jusqu’au bout venait à la section du parti à Estagel faire le point de la situation politique internationale, nationale et locale. Officiellement Maire honoraire de sa commune, Antoine Sarda c’est aussi, pour toujours, le festival d’Estagel.