Amitiés toxiques

Amitiés toxiques

Ici le cadre c’est la Sanità, un quartier très populaire de Naples, maisons accrochées à des falaises, sortes de grottes, ruelles escarpées, mobylettes vrombissantes...

Cinéma

Entre Irlande et Naples, deux films très différents qui pourtant explorent une même thématique, une amitié trahie.

Les Banshees d’Inischerin de Martin McDonagh

Les années 20, une île isolée au large de la côte ouest de l’Irlande, paysages d’une sauvage beauté, à perte de vue, des prés vallonnés battus par les vagues, des bêtes, des maisonnettes disséminées, un pub. Comme tous les jours, Padraic passe chercher son ami Colm pour aller boire une pinte, et là, chose incroyable, ce dernier ne répond pas, il finira par décréter à son « ami » que c’est fini, il ne veut plus que Padraic lui parle. Pour ce dernier, c’est le ciel qui lui tombe sur la tête, il ne comprend pas et va s’entêter, en vain, à tenter de recoller les morceaux, sous le regard impuissant de sa sœur et des autres habitants du hameau. La suite sera pour le moins étrange. Un film d’une formidable originalité, porté par deux acteurs épatants, Colin Farrell et Brendan Gleeson. Il interroge sur les ressorts de l’amitié, sur la solitude, la mort… Au delà de la mer des bruits de tirs se font parfois entendre, le conflit irlandais dont le sujet du film peut apparaître comme la métaphore.

Nostalgia de Mario Martone

Ici le cadre c’est la Sanità, un quartier très populaire de Naples, maisons accrochées à des falaises, sortes de grottes, ruelles escarpées, mobylettes vrombissantes… Felice y revient après 40 ans de vie à l’étranger, c’est là qu’il se sent chez lui, il veut s’y réinstaller. Il veut surtout retrouver son copain d’adolescence avec qui il faisait les 400 coups, dont le dernier a très mal tourné. Ce copain, Oreste, est devenu un chef de la Camora, son nom fait trembler.

Felice se lie avec le curé de la paroisse du quartier, un type formidable qui travaille avec les jeunes, les initiant au sport et à la culture pour les détourner de la Camora. On suit Felice (remarquable Pierfrancesco Favino) marchant dans les rues de la Sanità jusqu’au bout de son destin. Les questions se bousculent, qu’en est-il de cette amitié d’adolescence ? Pourquoi un tel entêtement à rester dans cet environnement qui peut devenir hostile ? Sans doute une histoire de racines, d’ensorcellement que suscite la ville, le quartier, ses habitants. Le tout filmé magistralement.

N.G

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